Saint-Nicolas-de-Bourgueil est le plus tendre des trois grands cabernets francs de Touraine — un rouge de fruit, souple et parfumé, longtemps servi en pichet et rarement pensé comme une valeur. C'est en grande partie vrai : l'appellation reste un vin de plaisir. Mais une poignée de vignerons y signent des cuvées de vieilles vignes qui vieillissent et se revendent. Au sein de nos cotes & marché, cette fiche situe la valeur d'un Saint-Nicolas — domaine par domaine — dans le vignoble de Loire.
Vous avez des Saint-Nicolas-de-Bourgueil en cave ? Découvrez lesquels ont une vraie valeur — et lesquels sont à boire.
Estimer vos Saint-NicolasQu'est-ce que Saint-Nicolas-de-Bourgueil
Saint-Nicolas-de-Bourgueil est une appellation de Touraine, en Indre-et-Loire, sur la rive droite de la Loire. Son vignoble de 1 080 hectares tient tout entier sur une seule commune, celle qui lui donne son nom. Reconnue en AOC dès 1937 (le même jour que sa voisine Bourgueil), elle produit presque exclusivement du rouge à partir du cabernet franc, appelé ici « breton », éventuellement complété d'un peu de cabernet-sauvignon (10 % maximum).
Toute la personnalité — et la valeur — de l'appellation se lit dans ses deux terroirs :
- Les terrasses de sable et de graviers, à fond argileux, déposées par la Loire. Elles couvrent la majeure partie du vignoble et donnent les vins les plus tendres, fruités et souples (framboise, violette), à boire dans leur jeunesse.
- Le coteau de tuffeau (un calcaire tendre), qui domine les terrasses. Il donne des vins plus structurés, profonds et aptes à la garde — c'est de là, et des vieilles vignes, que viennent les cuvées les plus recherchées.
Les trois cabernets francs de Touraine, du plus tendre au plus coté
Saint-Nicolas-de-Bourgueil
- Terroir
- Terrasses de sable & graviers
- Style
- Fruité, floral, souple
- Fourchette
- 6 – 40 €
Bourgueil
- Terroir
- Graviers + coteaux de tuffeau
- Style
- Corsé, tannique, de garde
- Fourchette
- 8 – 60 €
Chinon
- Terroir
- Le plus vaste, sols variés
- Style
- Ample, le plus coté
- Fourchette
- 8 – 90 €
Bon à savoir — Saint-Nicolas-de-Bourgueil ou Bourgueil ?
Les deux appellations sont mitoyennes, nées le même jour, sur le même cépage. La différence tient au sol : Saint-Nicolas, plus proche du fleuve, compte davantage de terrasses de graviers — d'où des vins plus souples et immédiats ; Bourgueil possède plus de coteaux de tuffeau, qui donnent des vins plus tanniques et de garde. À domaine égal, un Bourgueil de coteau se conserve souvent un peu mieux — mais les meilleurs Saint-Nicolas (Amirault, Mabileau) rivalisent sans peine avec lui.
Combien vaut un Saint-Nicolas : la cote par domaine
Comme partout en Loire, la valeur ne tient presque pas à l'appellation, mais au nom du vigneron et à la cuvée. L'essentiel de la production se boit sans se revendre ; une poignée de domaines concentre la cote. Le tableau ci-dessous donne les fourchettes indicatives par domaine sur le marché secondaire, pour une bouteille (75 cl) en bon état.
| Domaine | Cuvées phare | Niveau de cote | Fourchette indicative |
|---|---|---|---|
| Yannick Amirault | Les Malgagnes, La Mine, Les Graviers | La référence de l'appellation | 15 – 40 € |
| Frédéric Mabileau | Éclipse, Les Coutures, Les Rouillères | Vieilles vignes, valeur sûre | 14 – 40 € |
| Sébastien David | L'Hurluberlu, Coef, Kézako (nature) | Référence nature (parfois Vin de France) | 18 – 40 € |
| Domaine de la Cotelleraie | Le Vau Jaumier, L'Envolée | Classique de garde | 12 – 20 € |
| Clos des Quarterons — Amirault | Les Quarterons (agriculture bio) | Bon rapport qualité-prix | 12 – 20 € |
| Autres vignerons | Clos du Vigneau, Domaine du Mortier, Manoir de la Tête Rouge… | À suivre | 10 – 20 € |
| Entrée de gamme & négoce | Coopérative, marques, grande distribution | Vin de plaisir | 6 – 12 € |
Fourchettes indicatives par domaine sur le marché secondaire (ventes entre particuliers et enchères) — la valeur réelle de revente d'une 75 cl en bon état, hors marges du commerce de détail. Relevé du 23 juillet 2026. L'essentiel de l'appellation se boit entre 6 et 20 € : seules les cuvées de vieilles vignes de quelques vignerons dépassent 30 €. Saint-Nicolas-de-Bourgueil reste un marché de plaisir, sans réelle spéculation.
Ce qui fait varier le prix d'un Saint-Nicolas
Sur une appellation aussi homogène en apparence, quelques repères simples font tout l'écart.
- Le vigneron avant tout. Entre une cuvée de coopérative et une parcellaire d'Amirault ou de Mabileau, la valeur va de un à cinq — un rapport moins extrême qu'en Bourgogne, mais bien réel.
- Le terroir : graviers ou tuffeau. Une cuvée de coteau (tuffeau), plus structurée et de garde, vaut nettement plus que la cuvée de terrasse (graviers), fruitée et à boire jeune. Les noms de lieux-dits — Les Malgagnes, La Mine — signalent presque toujours ces parcelles.
- Les vieilles vignes. Les cuvées issues de vignes de cinquante ans et plus (Les Malgagnes chez Amirault) sont les plus concentrées et les plus recherchées.
- Le millésime. Sur un cabernet franc, les années solaires et mûres (2015, 2018, 2019, 2020, 2022) se valorisent au-dessus des millésimes plus légers ou pluvieux.
- L'état de la bouteille. Sur les cuvées nature (Sébastien David), le niveau, la couleur et l'état de la capsule pèsent particulièrement ; sur les vins de garde, un bon stockage conditionne toute la valeur.
Pour le cadre général des critères qui font le prix d'une bouteille, tous vignobles confondus, consultez notre guide dédié.
Apogée et potentiel de garde
La réputation de Saint-Nicolas — un rouge de soif à boire jeune — n'est vraie que pour une partie de la production, et elle commande pourtant l'arbitrage garder ou vendre. Les vins de graviers, les plus nombreux, sont à apprécier sur leur fruit, dans les deux à cinq ans : ils n'ont pas vocation à vieillir, et rien ne justifie de les conserver en vue d'une plus-value.
Les cuvées de coteau (tuffeau) et de vieilles vignes sont d'une autre nature : elles se gardent cinq à dix ans, et jusqu'à quinze ou vingt ans sur les grands millésimes chez un vigneron comme Amirault, gagnant en fondu, en épices et en notes de sous-bois. La règle est donc simple : boire jeunes les Saint-Nicolas de graviers — sans marché à la revente, leur valeur ne montera pas — et conserver les cuvées de garde, dont l'intérêt, et la petite cote, se renforcent avec le temps.
Yannick Amirault, la référence
S'il fallait retenir un nom à Saint-Nicolas-de-Bourgueil, ce serait Yannick Amirault. Installé depuis 1977 et rejoint par son fils Benoît, il a porté le domaine de 3,4 à une vingtaine d'hectares, en agriculture biologique (certifiée depuis 2009), et s'est imposé comme la référence qualitative de l'appellation — à cheval, aussi, sur Bourgueil. Ses cuvées parcellaires de vieilles vignes, Les Malgagnes (une cinquantaine d'années, sur argile) et La Mine, sont les Saint-Nicolas les plus recherchés, le plus souvent entre 25 et 40 € selon le millésime, quand sa cuvée de graviers Les Graviers reste un vin de plaisir plus accessible.
Derrière lui, une solide deuxième ligne fait la réputation du cru : Frédéric Mabileau (cuvées Éclipse et Les Coutures, en vieilles vignes), le Domaine de la Cotelleraie, le Clos des Quarterons d'Agnès et Xavier Amirault, et, sur le registre des vins nature, Sébastien David, dont les cuvées sans soufre séduisent un cercle d'amateurs. Ce sont ces signatures — et non la seule mention « Saint-Nicolas-de-Bourgueil » — qui donnent une valeur à une cave.
Tendance et liquidité
Saint-Nicolas-de-Bourgueil reste avant tout un marché de consommation : l'immense majorité des bouteilles se boivent sans jamais passer par la revente. La cote, réelle mais modeste, se concentre sur les cuvées de garde de quelques vignerons, portées par deux courants de fond — la reconnaissance du cabernet franc de Loire comme grand cépage de terroir, et l'engouement pour les vins bio et nature, dont l'appellation compte plusieurs représentants. Rien, toutefois, qui approche la spéculation observée sur un grand Chinon ou sur le Saumur-Champigny de Clos Rougeard : ici, la valeur reste raisonnable et l'esprit, celui du plaisir.
L'échelle de valeur d'un Saint-Nicolas-de-Bourgueil
Pour l'héritier comme pour l'acheteur, la conclusion est la même : la mention « Saint-Nicolas-de-Bourgueil » dit peu de la valeur — tout se joue sur le vigneron, la cuvée et le terroir. Pour replacer l'appellation dans l'ensemble du vignoble ligérien, consultez notre page cote et valeur des vins de Loire.
Vous avez des Saint-Nicolas en cave : que faire ?
Une simple recherche en ligne suffit pour une cuvée de négoce. Quelques situations, en revanche, méritent une vérification précise :
- Vous repérez un vigneron coté (Amirault, Mabileau, Cotelleraie, Sébastien David, Clos des Quarterons) : la valeur potentielle mérite un examen de la cuvée, du terroir et du millésime.
- Vous possédez de vieux millésimes de coteau. Un Saint-Nicolas de tuffeau ou de vieilles vignes, bien conservé, peut avoir quinze ou vingt ans et rester superbe — contrairement à l'idée reçue sur l'appellation.
- Vous avez hérité d'une cave et ne savez pas distinguer un vigneron d'un négociant. Notre guide Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? détaille la marche à suivre.
- Vous envisagez de vendre ou de partager une succession. Connaître la valeur marché neutre de chaque bouteille offre une base de discussion objective. Pour les canaux de vente, voyez notre page vendre ses vins.
Vous possédez des Saint-Nicolas-de-Bourgueil ?
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Page mise à jour le 23 juillet 2026.