Le millésime, c'est l'année où les raisins ont été récoltés — et selon la météo de cette année-là, un même vin peut être grand ou dilué. Cela se lit directement sur sa valeur de revente : une grande année ajoute une prime, une année difficile fait décoter. Ce guide dit ce que vaut chaque millésime région par région — et vous laisse tester le vôtre. Il complète nos cotes & marché.

Vous avez une bouteille et vous vous demandez si son année compte ? Testez-la, puis faites-la estimer précisément.

Tester mon millésime

Votre millésime, que vaut-il ?

Choisissez la région et l'année de votre bouteille : le guide vous donne le niveau du millésime et ce qu'il implique pour la valeur. Rappel : c'est un point de départ — le domaine et l'état de la bouteille font le reste.

Lecteur de millésime

Un prix précis dépend du domaine, de la cuvée et de l'état de la bouteille — c'est le rôle de l'estimation.

Comment lire un millésime

Un millésime désigne l'année de la vendange inscrite sur l'étiquette. Le vin étant un produit agricole, chaque année a sa météo — soleil, pluie, gel, canicule — et donc son caractère : les grandes années donnent des vins mûrs, équilibrés et aptes à la garde ; les années difficiles, des vins plus légers, à boire vite. Sur le marché de la revente, cette différence se paie : à domaine et cuvée identiques, un grand millésime vaut sensiblement plus qu'une année moyenne.

Concrètement, la météo laisse sa signature dans le verre :

  • Année chaude et solaire (2003, 2009, 2018) : raisins très mûrs, vins puissants et généreux, plus riches en alcool et moins acides — un profil « solaire », flatteur jeune.
  • Année fraîche (2014, 2021) : maturité lente, vins plus tendus, vifs et digestes, prisés pour leur finesse et leur aptitude à la garde.
  • Année pluvieuse (2013 à Bordeaux, 2002 dans le Rhône) : dilution et risque de maladies à la vigne, des vins plus légers, à boire jeunes.
  • Gel ou grêle de printemps (2021, 2017) : récolte réduite, donc plus rare — mais une réussite qui dépend alors beaucoup du domaine.

Bon à savoir — le millésime ne fait pas tout

C'est le levier le plus visible, mais pas le plus puissant. Le prix d'une bouteille se joue d'abord sur le domaine, puis l'appellation, puis le millésime, puis l'état. Un grand millésime d'un vin sans cote reste un vin de plaisir ; une année moyenne d'un domaine culte garde une vraie valeur. Ne jugez jamais une bouteille sur la seule année.

Le tableau des millésimes par région

Le niveau de chaque millésime, région par région, de 1990 à 2023. L'astérisque * signale les années où les avis divergent nettement.

Année Bordeaux rouge Bordeaux blanc Sauternes Bourgogne rouge Bourgogne blanc Rhône nord Rhône sud Champagne
2023 Très bon Grand Très bon Très bon Très bon Grand Très bon Très bon
2022 Grand Très bon Grand Grand Grand Grand Très bon Grand
2021 Très bon* Grand Grand Très bon Très bon Très bon* Très bon Correct
2020 Très bon Très bon Correct Grand Grand Très bon Très bon Grand
2019 Très bon Grand Très bon Très bon Très bon Très bon Grand Très bon
2018 Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Grand
2017 Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Difficile
2016 Grand Très bon Très bon Très bon Correct Grand Grand Très bon
2015 Grand Très bon Grand Grand Correct* Grand Grand Très bon
2014 Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon Correct Difficile Correct
2013 Difficile Difficile Correct Très bon Correct Correct Correct Très bon
2012 Correct Correct Correct Très bon Très bon Correct Très bon Grand
2011 Très bon Très bon Très bon Très bon Correct Très bon Très bon Très bon
2010 Grand Grand Grand Grand Grand Grand Grand Difficile
2009 Grand Très bon Grand Très bon Très bon Très bon Très bon Très bon
2008 Correct Difficile Difficile Difficile Correct Correct Correct Grand
2007 Difficile Très bon Très bon Difficile Correct Très bon Très bon Correct
2006 Correct Correct Correct Très bon Très bon Très bon Grand Très bon
2005 Grand Très bon Très bon Grand Très bon Grand Grand Très bon
2004 Correct Correct Difficile Correct Très bon Correct Grand Très bon
2003 Correct* Difficile Très bon Correct Difficile Correct Très bon Correct
2002 Difficile Correct Correct Très bon Très bon Difficile Difficile Grand
2001 Correct Très bon Grand Très bon Très bon Grand Difficile* Difficile
2000 Grand Très bon Difficile* Correct Correct Très bon Très bon Correct
1999 Correct Difficile Correct Très bon Très bon Très bon* Très bon Correct
1998 Très bon Difficile Très bon Correct* Correct Grand Grand Correct*
1997 Difficile Difficile Très bon Correct Très bon Très bon* Correct* Correct
1996 Très bon* Très bon Très bon Très bon Grand Correct* Correct* Grand
1995 Très bon Grand Très bon* Correct* Très bon Grand Grand Très bon
1994 Correct* Très bon Difficile Difficile Correct* Correct Correct Difficile
1993 Difficile Correct Difficile Correct* Correct* Correct* Correct* Correct
1992 Difficile Difficile Difficile Correct Très bon Difficile Difficile Correct
1991 Difficile Difficile Difficile Correct* Correct Correct* Difficile Difficile
1990 Grand Grand Grand Grand Très bon Grand Grand Grand
Millésimes de légende
1989 Grand Très bon* Grand Très bon* Très bon Grand Grand Très bon
1985 Grand Correct* Correct Très bon* Très bon Grand Grand Grand
1982 Grand Très bon Difficile Difficile Correct Très bon Correct* Très bon
1978 Très bon Correct Difficile Grand* Très bon* Grand Grand Correct*
1961 Grand Très bon Correct Grand Très bon Grand Grand Très bon
1945 Grand Grand Grand Grand Grand Grand Grand Grand
Grand Très bon Correct Difficile * millésime débattu

Lecture indicative, région par région. Le domaine, la cuvée et l'état de la bouteille priment toujours sur le millésime. Mis à jour le 22 juillet 2026 ; les millésimes récents sont ré-évalués à mesure que les vins évoluent.

Les meilleurs millésimes, région par région

Les grandes années ne se recoupent pas d'une région à l'autre. Pour chaque grand vignoble, voici les millésimes qui valorisent une bouteille — et ceux à aborder avec prudence.

Les meilleurs millésimes de Bordeaux

En rouge, les valeurs sûres récentes sont 2022, 2016, 2015, 2010, 2009 et 2005, aux côtés des grands classiques 2000, 1990, 1989 et 1982. À l'inverse, 2013, 2007 et 2002 ont décoté. Le Sauternes suit son propre calendrier (grandes années 2022, 2021, 2015, 2009 et 2001) et les blancs secs brillent surtout sur les années fraîches récentes (2023, 2021, 2019).

Les meilleurs millésimes de Bourgogne

En rouge, 2022, 2020, 2015, 2010, 2005 et le mythique 1990 dominent ; 2007 et 2008 restent plus difficiles. En blanc, 2022, 2020 et 2010 sont au sommet — mais gare à l'oxydation prématurée (« premox ») qui a fragilisé des blancs de 1996 à 2010 : sur ces années, l'état réel de la bouteille prime sur l'étiquette.

Les meilleurs millésimes du Rhône

C'est l'un des vignobles les plus réguliers : au nord comme au sud, 2015, 2010, 2005, 1998, 1990 et 1989 sont de très grandes années. Le nord (Côte-Rôtie, Hermitage) y ajoute 2023, 2022 et 2016 ; le sud (Châteauneuf-du-Pape), 2019, 2016 et 2006. Seul 2002 (pluies) est vraiment à éviter de part et d'autre.

Les meilleurs millésimes de Champagne

La Champagne ne déclare le millésime que les grandes années : 2012, 2008, 2002, 1996 et 1990 font référence, avec 2018, 2020 et 2022 très prometteurs. 2017 et 2010 (pluie) ont été plus compliqués, et sont souvent restés non millésimés.

Une grande année n'est pas grande partout

C'est l'erreur la plus fréquente : croire qu'un « bon millésime » l'est dans toute la France. La météo n'est pas la même à Bordeaux, en Bourgogne, dans le Rhône ou en Champagne — et le tableau le montre case par case. Et ce n'est pas qu'une affaire de région : au sein d'un même vignoble, une année qui réussit au rouge peut décevoir en blanc — ou l'inverse.

  • 2010 est un sommet partout… sauf en Champagne, où la pluie a limité les déclarations. Une même année, grande d'un bout à l'autre du pays, ratée sur une seule région.
  • 2000 : grand millésime en Bordeaux rouge, mais année difficile en Sauternes — le liquoreux a besoin de la pourriture noble, pas des mêmes conditions que le rouge.
  • 2002 : compliqué dans le Rhône (pluies), mais très bon en Bourgogne et grand en Champagne.
  • 2003, l'année de la canicule : elle réussit aux liquoreux et au Rhône sud, mais assèche les blancs de Bourgogne et l'Alsace.
  • 2013 : millésime à oublier à Bordeaux, mais très bon en Bourgogne rouge et honorable en Champagne.
  • 1998 : grande année dans le Rhône (surtout le sud), mais tout juste correcte en Bourgogne rouge — à l'inverse de 1999, plus réussi en Bourgogne qu'à Bordeaux.
  • Rouge et blanc ne suivent pas toujours la même année : en Bourgogne, 2004 a donné de très beaux blancs mais des rouges plus légers, tandis que 2011 a mieux réussi aux rouges qu'aux blancs.

Pourquoi les critiques ne s'accordent pas toujours — le cas 2021

2021 est le millésime le plus débattu de la décennie. Les maisons françaises (dégustation, marché des enchères) le jugent plutôt bon ; les critiques anglo-saxons le notent bien plus sévèrement. Ce n'est pas du hasard : c'est une année fraîche et classique, appréciée en France pour sa fraîcheur, jugée « maigre » par une école qui valorise la puissance.

Les millésimes de légende

On les appelle les « millésimes du siècle » : certaines années sont entrées dans l'histoire et tirent des cotes à part, surtout sur les grandes signatures. De la plus récente à la plus mythique : 2010 et 2005 (rouges de garde exceptionnels), 1990 et 1989 (le duo star de Bordeaux et du Rhône), 1985, 1982 (le millésime qui a lancé Bordeaux moderne), 1978 (« année du siècle » en Bourgogne et Rhône), 1961 et, au sommet absolu, 1945 — grand presque partout, et l'un des millésimes les plus chers du monde sur les grands crus.

Attention toutefois : sur ces vieux millésimes, la valeur dépend de manière décisive de l'état réel de la bouteille (niveau, bouchon, conservation) et de la provenance. Une légende mal conservée ne vaut plus grand-chose ; une légende parfaite peut valoir une fortune.

Comment le millésime bouge la valeur

Concrètement, à domaine et cuvée identiques :

  • Grand millésime — il ajoute de la valeur : à garder, ou à vendre à son apogée.
  • Très bon — une valeur sûre : le vin tient bien sa cote ; le domaine fait la différence.
  • Correctni prime, ni décote : c'est le domaine, pas le millésime, qui fait la valeur.
  • Difficiledécote probable : à ouvrir plutôt qu'à vendre, sauf très grande signature.

Bon à savoir — l'oxydation prématurée des blancs (« premox »)

Un piège spécifique aux blancs, surtout de Bourgogne : une partie des millésimes 1996 à 2010 a souffert d'oxydation prématurée — des bouteilles qui vieillissent trop vite, à la robe ambrée. Sur ces blancs, même en grand millésime, l'état réel prime sur l'étiquette. Une vérification s'impose avant toute vente.

C'est pourquoi l'année seule ne suffit jamais à estimer une bouteille. Le millésime donne le contexte ; le domaine, la cuvée, le format et l'état donnent le prix. Pour une valeur chiffrée, bouteille par bouteille, c'est l'objet de l'estimation.

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Questions fréquentes

Le millésime, c'est l'année de récolte des raisins. Selon la météo de l'année, un même vin peut être grand ou dilué — et cela se répercute sur sa valeur de revente : un grand millésime ajoute une prime, une année difficile entraîne une décote. Mais le millésime ne fait pas tout : à année égale, le domaine et l'appellation pèsent bien plus lourd dans le prix.
Les grandes années les plus universelles sont 2005, 2009, 2010, 2015, 2016, 2019 et 2022 — mais cela dépend de la région : 2010 est grand partout sauf en Champagne (pluie), 2005 et 2015 brillent en Bordeaux, Bourgogne et Rhône, tandis que la Champagne se distingue sur ses années déclarées (2002, 2008, 2012, 2018, 2022). Une grande année n'est pas grande partout : le millésime se lit région par région.
Non. L'âge ne fait pas la valeur : une vieille bouteille d'une année moyenne ou d'un domaine sans cote peut n'avoir qu'une valeur de consommation. C'est le trio domaine + appellation + millésime qui fait le prix. Attention aussi à l'oxydation prématurée (« premox ») qui a touché des blancs de Bourgogne des millésimes 1996 à 2010 : l'état réel de la bouteille prime sur l'étiquette.
2013 est un millésime difficile à Bordeaux (décote), mais reste correct à très bon en Bourgogne et en Champagne — la preuve qu'il faut raisonner par région. 2021 est le millésime le plus débattu : les maisons françaises le jugent plutôt bon, les critiques anglo-saxons bien plus sévèrement. Sur ces années contrastées, l'état et le domaine comptent plus que jamais.
Les millésimes considérés comme légendaires sont 1945, 1961, 1982, 1989 et 1990, puis 2005, 2009 et 2010 pour les plus récents. Mais un « millésime du siècle » ne l'est jamais partout : 1982 est mythique à Bordeaux mais difficile en Bourgogne, et 1978 est l'« année du siècle » en Bourgogne et dans le Rhône. Sur ces vieilles bouteilles, l'état de conservation et la provenance comptent autant que l'année.
En rouge, les valeurs sûres récentes sont 2022, 2016, 2015, 2010, 2009 et 2005, avec les grands classiques 2000, 1990, 1989 et 1982. Les années à aborder avec prudence : 2013, 2007 et 2002. Le Sauternes et les blancs secs suivent un autre calendrier — 2021 et 2015 y sont particulièrement réussis.
Cela dépend de la région, mais quelques années ont décoté presque partout : 2002 (pluies, sauf en Bourgogne et Champagne), la série 1991-1992-1993 difficile à Bordeaux, et 2013 à Bordeaux. Attention toutefois : même une année faible d'un grand domaine peut garder de la valeur, et une bouteille faite pour être bue jeune n'a pas vocation à la revente.

Page mise à jour le 22 juillet 2026.