Vous possédez des bouteilles et vous voulez savoir ce qu'elles valent aujourd'hui. Entre les cotes affichées en ligne, les prix caviste et les résultats d'enchères, il est facile de s'y perdre. Ce guide vous donne les repères pour lire le marché : ce qu'est une cote, où la vérifier, ce qui la fait varier, et comment elle se répartit selon les régions et les domaines.

Vous voulez connaître la valeur réelle de votre cave, bouteille par bouteille ?

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Qu'est-ce que la cote d'un vin

Une bouteille de vin peut avoir plusieurs « prix » très différents au cours de sa vie, qui se répartissent en deux grandes familles : le prix d'achat (ce que vous payez pour acquérir une bouteille) et la cote marché secondaire (ce que vaut une bouteille que vous revendez). Comprendre ce que chacun représente est la première étape pour lire correctement le marché.

Le prix d'achat est celui que vous payez pour acquérir une bouteille — il prend plusieurs formes selon le canal :

  • Le prix de sortie — le cas général, la norme pour l'immense majorité des vins. Il est fixé directement par le domaine ou par son réseau de revendeurs, une fois le vin élaboré.
  • Le prix en primeur — une pratique particulière, presque propre à Bordeaux. Payé lorsque le vin est encore en barrique, un à deux ans avant sa mise en bouteille, c'est un prix d'investissement fixé par le château via la Place de Bordeaux — un système spécifique qui permet parfois d'acheter les grands crus avec une décote par rapport au prix futur.
  • Le prix caviste ou retail — celui que l'on voit en boutique ou sur les sites marchands spécialisés, une fois le vin distribué. Il inclut la marge du distributeur, généralement entre 25 % et 35 %.

Prix de sortie, primeur ou retail, c'est dans tous les cas le prix auquel un particulier peut acheter une bouteille — pas celui auquel vous pouvez la revendre.

La cote marché secondaire, elle, reflète ce qu'un acheteur est réellement prêt à payer aujourd'hui pour une bouteille déjà sortie du circuit de distribution officiel. Elle se construit essentiellement à partir des résultats d'enchères publics — c'est le prix d'adjudication moyen constaté sur les douze derniers mois, toutes maisons de ventes confondues. C'est la référence la plus pertinente si vous envisagez de vendre. Il existe aussi un troisième canal, moins visible : les ventes entre particuliers sur des plateformes de petites annonces ou des groupes spécialisés. Des transactions bien réelles y ont lieu, parfois à des niveaux différents des enchères — mais avec une nuance de taille : il n'existe pas d'historique consultable de ces prix. Chaque vente se négocie de gré à gré, sans publication du montant final, ce qui en fait une référence invérifiable pour qui cherche à estimer une cave.

Le parallèle avec l'automobile

Pour mieux visualiser ces deux familles de prix, pensez à une voiture. Le prix catalogue neuf correspond au prix d'achat : c'est ce que vous payez pour acquérir le bien à sa sortie. Une fois la voiture immatriculée, elle a une cote à la revente (Argus) qui n'a plus grand-chose à voir avec le prix d'achat — elle reflète ce qu'un acheteur d'occasion est prêt à mettre aujourd'hui. Et pour une voiture rare ou de collection, cette cote peut dépasser le prix neuf d'origine, comme pour un grand cru recherché. Le vin fonctionne exactement selon cette logique : ce que vous avez payé en cave n'a pas de lien direct avec ce que la bouteille vaut aujourd'hui sur le marché secondaire.

La confusion la plus fréquente consiste à additionner ces trois notions comme si elles étaient équivalentes. Or, entre le prix caviste et la cote enchères, l'écart peut atteindre 20 à 40 % — et il n'est pas toujours dans le sens qu'on croit. Un grand cru classé d'un millésime exceptionnel peut se vendre aux enchères au-dessus du prix retail, parce que le stock disponible est épuisé. À l'inverse, un vin intermédiaire d'un millésime faible peut décoter fortement une fois sorti des linéaires.

Où trouver la cote d'un vin

Deux références s'imposent pour qui veut consulter des cotes sérieuses depuis la France. Chacune a son périmètre, ses forces et ses angles morts.

iDealwine — la référence enchères européenne

iDealwine est la plus grande maison de ventes aux enchères de vin en Europe. Sa base de cotes est alimentée en direct par les adjudications réelles et agrège également les résultats publiés par les principales maisons physiques françaises et européennes. C'est la source la plus fiable pour estimer une valeur de revente — parce qu'elle reflète ce qu'un acheteur a effectivement payé, pas ce qu'un vendeur demande.

Pour chaque référence, la fiche iDealwine indique généralement la cote moyenne sur douze mois, la dernière adjudication, la tendance sur deux ans et le nombre de transactions. Plus le nombre de transactions est élevé, plus la cote est fiable — c'est ce qu'on appelle la liquidité d'un vin. Un grand cru classé avec 200 adjudications annuelles a une cote très solide ; un vin de niche avec trois transactions par an a une cote indicative, rien de plus.

Wine-Searcher — le prix retail mondial

Wine-Searcher agrège les offres de milliers de cavistes et distributeurs dans le monde (États-Unis, Royaume-Uni, Asie, Europe). Ce n'est pas une cote enchères mais une photographie du prix marchand courant à l'achat. Utile pour vérifier si un vin est encore disponible en circuit de distribution, pour comparer le prix français à celui pratiqué à l'international, ou pour détecter un différentiel de marché.

Pour estimer une valeur de revente, Wine-Searcher est moins direct qu'iDealwine : un prix retail de 500 € ne signifie pas qu'on vous en offrira 500 € à l'achat. Il faut appliquer une décote de 30 à 50 % pour approcher une valeur de cession. Mais comme outil de veille marché, sa couverture géographique reste inégalée.

Ce que les cotes en ligne ne vous disent pas

Aucune cote publique, aussi précise soit-elle, ne tient compte de l'état réel de votre bouteille. La cote affichée correspond à une bouteille type : étiquette propre, niveau dans le goulot, capsule intacte, provenance traçable. Si votre bouteille présente un défaut, la valeur réelle peut chuter de 30 à 50 % — voire rendre la vente en enchères impossible (détail complet plus bas). C'est pour cette raison qu'une consultation de cote ne remplace jamais une estimation individualisée. Pour comprendre ce que chaque type de service apporte réellement, voyez notre comparatif : estimation gratuite vs professionnelle : quelle différence ?

Ce qui fait varier une cote

Une cote n'est pas figée. Elle bouge en permanence, parfois de 10 à 20 % en quelques mois, sous l'effet de plusieurs leviers qu'il faut savoir identifier.

Bon à savoir — une cote n'est jamais un prix garanti

C'est une moyenne statistique de transactions passées, pondérée par le volume. Un vin peut coter 300 € en moyenne et s'adjuger entre 220 € et 400 € selon la vente, l'état de la bouteille et l'actualité du domaine.

Le millésime

C'est le facteur le plus important à qualité de domaine égale. Un même vin peut doubler de valeur d'un millésime à l'autre. Pour voir cet effet chiffré sur un seul et même château — du 1945 estimé 9 000 € aux millésimes récents trente fois moins chers —, parcourez notre étude de cas Château Mouton Rothschild.

Les notes des critiques

Le marché international est très sensible aux notations Parker (Wine Advocate), Vinous, Revue du Vin de France, Jancis Robinson, ou aux notes de la critique chinoise et américaine. Une note 100/100 chez un critique influent peut faire bondir une cote de 30 à 50 % en quelques semaines. Pour aller plus loin, voyez notre article dédié à l'influence de la note Parker sur les cotes.

La rareté et la réputation du domaine

Plus un domaine produit peu, plus sa cote est tendue : l'offre ne suit pas la demande. Des domaines comme la Romanée-Conti, Leroy, Leflaive en Bourgogne, ou Rayas dans le Rhône, fonctionnent ainsi par structure de rareté. À l'inverse, les domaines qui augmentent leur production peuvent voir leur cote se diluer.

Le changement de propriétaire ou de style

Une reprise familiale, un changement d'œnologue, un virage en bio ou en biodynamie peuvent faire décrocher ou doper une cote, parfois brutalement — toute rupture introduit une incertitude, donc une décote au moins temporaire. Sur le sujet plus large de la cote des vins bio et nature, les dynamiques méritent d'être lues à part.

La personnalité et la disparition du vigneron

Un vin n'est jamais seulement un liquide dans une bouteille — c'est aussi le reflet du travail d'une personne, parfois sur plusieurs décennies. Les vignerons qui ont façonné une signature unique (Henri Jayer en Bourgogne, les frères Foucault au Clos Rougeard, Didier Dagueneau en Loire) ont vu leurs vins prendre une valeur particulière de leur vivant, puis cette valeur s'accroître après leur disparition : la production s'arrête, les bouteilles restantes acquièrent un caractère patrimonial. Ce n'est pas de la spéculation — c'est la reconnaissance qu'une œuvre se raréfie avec le temps.

Les accidents climatiques et la mode

Un accident climatique — gel, grêle, sécheresse extrême — réduit les volumes produits une année donnée, et cette rareté peut faire grimper la cote du millésime concerné : moins il y a de bouteilles disponibles, plus les acheteurs se les arrachent. Mais cet effet n'est pas garanti dans la durée : la mode, elle, joue dans les deux sens. Après la bulle spéculative chinoise sur Lafite 2008, les cotes ont fortement corrigé une fois la demande retombée. Le marché du vin connaît des cycles, comme tous les marchés.

La cote par région : structure et tendances

Toutes les régions viticoles françaises ne se valent pas sur le marché secondaire. La valeur se concentre sur quelques appellations, quelques domaines phares, et quelques millésimes clés — et certaines régions montent quand d'autres stagnent. Tour d'horizon, structure et dynamique récente confondues.

Fourchette de cotes par grande région française (échelle logarithmique)

100 € 1 000 € 10 000 € Bordeaux — Grands Crus Classés 100 € à plus de 20 000 € (Petrus, Lafite, Latour…) Bourgogne — Grands Crus & Premiers Crus 100 € à plus de 20 000 € (Romanée-Conti, Leroy…) Rhône — cuvées signatures 150 € à 1 500 € (La-La-La, Rayas, Chave…) Champagne — cuvées prestige millésimées 100 € à 2 000 € (Dom Pérignon, Cristal, Krug, Salon…) Jura — domaines cultes (vin jaune, nature) 60 € à plus de 2 000 € (Overnoy-Houillon, Ganevat, Domaine des Miroirs…)

Bordeaux — la dominance historique, en stagnation relative

Bordeaux reste le marché le plus liquide au monde pour les vins fins. Les cinq Premiers Grands Crus Classés en 1855 (Lafite, Latour, Margaux, Mouton, Haut-Brion), rejoints par Pétrus, Cheval Blanc, Ausone et Le Pin, forment le cœur de valeur. Les cotes vont de 300 € à 5 000 € la bouteille pour la plupart des millésimes — un petit millésime comme 2013 peut faire descendre un premier grand cru classé sous les 400 € — avec des flacons rares — vieux millésimes de Petrus ou de Lafite notamment — qui dépassent les 20 000 € ; les seconds et troisièmes crus, eux, se négocient entre 100 € et 800 €. La tendance récente, elle, est plutôt à la stagnation relative : les hausses spectaculaires se sont surtout jouées entre 2005 et 2018 — une période qui regroupe la plupart des millésimes exceptionnels de la région (2005, 2009, 2010, 2015, 2016, 2018) — et le rythme s'est nettement calmé depuis. Le regain d'intérêt du marché porte aujourd'hui davantage sur les grands vins anciens que sur les toutes dernières sorties. Retrouvez le détail — appellations, châteaux et grandes familles — sur notre page dédiée : cote et valeur des vins de Bordeaux.

Bourgogne — une hausse structurelle qui se poursuit

La Bourgogne est devenue, depuis une dizaine d'années, la région où la valeur se concentre le plus rapidement : des domaines minuscules (Domaine de la Romanée-Conti, Domaine Leroy, Domaine Leflaive, Coche-Dury, Roulot, Arnoux-Lachaux) produisent quelques milliers de bouteilles face à une demande mondiale en expansion constante — portée notamment par la demande asiatique et américaine. Les cotes des Grands Crus atteignent facilement 1 500 € à 5 000 € la bouteille — et pour un nom comme la Romanée-Conti, les millésimes récents se négocient déjà couramment entre 15 000 € et 18 000 €, certaines bouteilles rares dépassant les 20 000 €. Les Premiers Crus, en revanche, démarrent nettement plus bas : un premier cru d'appellation modeste ou de négoce peut se trouver autour de 25 €, un bon domaine sur une appellation reconnue plutôt vers 100-150 €. La notion de climat — la parcelle — structure radicalement les prix : deux Grands Crus voisins du même domaine peuvent valoir 800 € ou 3 000 €. Voyez notre guide : Estimation de vins de Bourgogne.

Rhône — une montée en puissance continue

Le Rhône nord (Côte-Rôtie, Hermitage, Cornas) gagne régulièrement du terrain en cotation depuis quinze ans, chaque année un peu plus — porté par la relecture critique de terroirs longtemps sous-valorisés face à la Bourgogne, dont il offre un équivalent qualitatif à des prix encore accessibles. Les cuvées parcellaires de Guigal, dites « La-La-La » (La Turque, La Mouline, La Landonne), se négocient entre 150 € et 800 € selon le millésime — les plus recherchées dépassant régulièrement le millier d'euros sur les vieux millésimes. À Hermitage, les cuvées de Jean-Louis Chave font référence ; à Cornas, celles d'Auguste Clape. Dans le Rhône sud, Château Rayas reste le cas d'école de la rareté absolue : une production confidentielle qui pousse ses cotes au-delà de 1 000 € dès les millésimes récents. Pour entrer dans le détail, voyez notre guide pour estimer ses vins de la Vallée du Rhône.

Champagne — les cuvées prestige

Le marché secondaire du champagne reste étroit : la grande majorité des bouteilles produites — les bruts sans année, de consommation courante — n'ont pas de véritable cote, quelle que soit la maison ou le vigneron qui les signe. Ce qui s'échange réellement se concentre sur les cuvées prestige millésimées des grandes maisons — Dom Pérignon, Cristal, Krug, Salon, Comtes de Champagne — dont les cotes vont de 100 € à plus de 2 000 € selon la cuvée et le millésime. Mais un second segment s'impose désormais en enchères : les champagnes de vignerons (Selosse, Egly-Ouriet, Jacquesson, Ulysse Collin), portés par la reconnaissance d'un savoir-faire parcellaire à l'image des grands crus bourguignons. Dans leur sillage, une vague de champagnes de vignerons nature — peu ou pas dosés, vinifiés sans intrants — prend de l'ampleur : des noms comme Vouette et Sorbée ou Jérôme Prévost (La Closerie), longtemps confidentiels, voient leur cote progresser rapidement — celle de Prévost se négocie aujourd'hui autour de 200 €. Pour le détail des cuvées qui ont réellement de la valeur, consultez notre guide pour estimer ses champagnes.

Jura — une petite région parmi celles qui montent le plus vite

Longtemps confidentiel, le Jura est devenu la région qui affiche la plus forte croissance aux enchères françaises, portée par l'engouement pour le vin nature et par une poignée de domaines cultes (Overnoy-Houillon, Ganevat, Domaine des Miroirs, Macle) — sans oublier la signature du vignoble, le vin jaune, l'un des vins les plus sûrs à revendre grâce à sa garde quasi illimitée. Retrouvez le détail complet — appellations, domaines et styles — sur notre page dédiée : cote et valeur des vins du Jura.

Loire — une niche qui compte

Sur la Loire, une poignée de signatures structurent à elles seules la valeur de la région. À Saumur-Champigny, Clos Rougeard a vu sa cote exploser en quelques années : la cuvée Le Bourg se négocie aujourd'hui entre 300 € et 500 € selon le millésime. À Pouilly-Fumé, les cuvées de Didier Dagueneau (Silex, Pur Sang, Astéroïde) se négocient le plus souvent entre 170 € et 240 €, avec des pointes bien au-delà sur les formats rares ou les très vieux millésimes. À Vouvray, Huet reste la référence historique du chenin de garde ; à Savennières, Nicolas Joly et son monopole de la Coulée de Serrant font figure de pionniers de la biodynamie. Voyez notre guide dédié : Vins de Loire : lesquels ont une vraie cote.

Alsace — une région de niche, mais liquide sur ses références

L'Alsace reste une région de niche aux enchères, mais la liquidité existe bel et bien pour une poignée de références reconnues. Le monopole Clos Sainte-Hune de la maison Trimbach, surnommé le « Montrachet d'Alsace », s'échange le plus souvent entre 250 € et 300 € pour les millésimes courants, les cuvées rares ou les vendanges tardives anciennes pouvant atteindre 500 €. Chez Zind-Humbrecht, les grands crus (Rangen, Clos Windsbuhl, Clos Saint-Urbain) se négocient plutôt autour de 100-160 €, les sélections de grains nobles les plus recherchées dépassant 250-300 €. Weinbach et Ostertag complètent le tableau des domaines les plus recherchés, sur un marché qui reste toutefois beaucoup plus étroit que celui de la Bourgogne ou du Rhône.

Beaujolais — le nouveau terrain de jeu du vin nature

Porté par la vague du vin nature, le Beaujolais est l'une des régions dont la cote a le plus progressé ces dernières années, portée par les figures historiques du mouvement à Morgon — Jean Foillard, Marcel Lapierre, Georges Descombes — dont les cuvées les plus recherchées atteignent déjà le niveau de crus bourguignons ou rhodaniens réputés. Les crus plus simples (Fleurie, Chiroubles, Côte de Brouilly) restent, eux, nettement plus accessibles — un marché qui démocratise l'entrée en cave patrimoniale.

Sud-Ouest — un marché confidentiel mais réel

Le Sud-Ouest reste une région de niche, avec des cotes nettement plus modestes que dans le reste du vignoble français. À Madiran, les cuvées d'Alain Brumont font référence, portées par sa parcelle la plus recherchée, La Tyre. À Cahors, Château du Cèdre reste la signature la plus recherchée de l'appellation. Un marché à surveiller plutôt qu'à valoriser au prix fort : la grande majorité des flacons de la région restent des vins de consommation courante, sans cote secondaire.

Languedoc-Roussillon — deux stars, un désert autour

Le Languedoc-Roussillon a une cote structurée par deux ou trois noms, entourés d'un vignoble globalement absent des salles de vente. Sur le plateau du Larzac, Grange des Pères affiche une cote solide et stable, au niveau de certains crus bourguignons reconnus. À ses côtés, Mas de Daumas Gassac tient sa cote grâce à sa cuvée rare Émile Peynaud, la cuvée courante du domaine restant, elle, plus confidentielle aux enchères. En dehors de ces exceptions, la région reste largement absente du marché secondaire.

Provence — le rosé de garde, une niche resserrée

La Provence reste dominée par une production de rosé de consommation courante, sans cote secondaire. Trois noms font toutefois exception et structurent un marché confidentiel : Domaine Tempier à Bandol, Château Simone à Palette, et Domaine de Trévallon en IGP Alpilles — trois valeurs sûres, mais un marché qui reste, au global, l'un des plus étroits du vignoble français.

Corse — un vignoble patrimonial encore émergent

La Corse reste l'une des régions les plus confidentielles aux enchères, mais elle progresse, portée par une poignée de domaines engagés dans la préservation des cépages endémiques de l'île. Clos Canarelli à Figari s'impose comme la référence la plus recherchée, aux côtés d'Antoine Arena à Patrimonio et du Domaine Comte Abbatucci à Ajaccio. Un vignoble patrimonial à suivre plutôt qu'à valoriser aujourd'hui au prix fort.

Les tendances transversales, au-delà des régions françaises

Les vins étrangers gagnent du terrain. Les grands vins italiens (super-toscans, Barolo) et espagnols (Vega Sicilia, Pingus) sont de plus en plus recherchés sur les enchères françaises, comme alternatives à Bordeaux et à la Bourgogne. Si vous avez des bouteilles importées en cave, voyez notre guide dédié : Vins italiens et espagnols : ont-ils une vraie cote en France ?

Le profil des acheteurs se mondialise. Sur les grandes maisons de ventes aux enchères en ligne, jusqu'à 70 % des lots sont aujourd'hui adjugés à des acheteurs hors France, avec une clientèle concentrée en Asie (Hong Kong, Singapour, Corée, Taïwan) et en Europe (Italie, Allemagne, Suisse). Cette demande diversifiée stabilise le marché et protège les cotes des chocs nationaux.

Le digital a transformé la liquidité. Il y a quinze ans, vendre une cave impliquait une grande vente physique à Paris. Aujourd'hui, les enchères en ligne permettent une rotation beaucoup plus rapide, avec une exposition immédiate à des acheteurs internationaux. Si votre cave est constituée comme un placement, notre guide dédié explique comment en auditer la valeur réelle : cave d'investissement : faire le point.

La cote ne suffit pas : l'état de la bouteille

Consulter la cote d'un vin est une étape utile, mais jamais suffisante pour connaître la valeur réelle d'une bouteille que vous détenez. Cinq éléments physiques peuvent faire varier cette valeur de manière considérable.

Le niveau de remplissage

Un vin vieillit en perdant très lentement du volume par évaporation à travers le bouchon : le niveau observé est donc un indicateur direct de la qualité de conservation. Aux enchères, la mention « base goulot » n'a vraiment de sens que pour des vins relativement jeunes ; sur un vieux millésime, c'est la « haute épaule » qui constitue le niveau de référence jugé correct. En dessous, le risque grimpe : la « mi-épaule » reste jouable pour une bouteille rare de plus de 40 ans, mais l'« épaule basse » signe une décote sévère — la valeur peut être divisée par deux, voire rendre la bouteille tout simplement invendable si elle n'a pas, par ailleurs, une rareté exceptionnelle.

L'état de l'étiquette

Une étiquette décollée, tachée, moisie ou illisible pose deux problèmes : elle complique l'identification du vin et révèle souvent un défaut de stockage. Décote typique : 10 à 30 % selon la gravité.

La capsule et le bouchon

Une capsule intacte et une absence de suintement sur le goulot rassurent l'acheteur sur l'étanchéité du bouchon. Une capsule oxydée, enfoncée, ou une trace de coulure indiquent un risque de défaut du vin — même probablement bon, cette incertitude se paie en moins-value, voire rend la bouteille possiblement invendable si le doute est trop fort.

La provenance

Une bouteille achetée directement au château, conservée dans sa caisse bois d'origine, accompagnée de sa facture, vaut plus qu'une bouteille dont l'historique est flou. Sur les grands crus, la question des contrefaçons est réelle sur les millésimes anciens, et la traçabilité rassure l'acheteur sérieux.

Les conditions de stockage

Une cave à 12 °C avec hygrométrie stable préserve la valeur ; un garage ou un placard sous les combles l'érode. L'expert lit les signes indirects : uniformité des niveaux entre bouteilles voisines, absence de poussière excessive, cohérence visuelle du lot. Un stockage visiblement approximatif entraîne une décote systématique.

Ces cinq critères cumulés peuvent facilement faire varier la valeur d'une cave de 30 à 50 % par rapport aux cotes brutes. C'est pourquoi une estimation professionnelle examine chaque bouteille individuellement, dans son état précis. Pour comprendre ce que contient exactement un rapport d'audit, voyez notre guide complet sur l'estimation de cave à vins.

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Questions fréquentes

La cote est une moyenne statistique de transactions passées, généralement issue des résultats d'enchères. Le prix de vente réel que vous obtenez dépend du canal (enchères, négociant, particulier), de l'état précis de la bouteille, du moment et des frais appliqués. L'écart entre la cote affichée et le prix net perçu atteint souvent 20 à 40 %.
Oui. Les résultats d'enchères publics donnent la meilleure base pour estimer une valeur de revente sur le marché secondaire. Wine-Searcher, de son côté, agrège des offres retail dans le monde entier et donne une idée du prix marchand courant, plus haut que la cote enchères. Croiser les deux permet d'encadrer la fourchette réelle.
Parce qu'une cote indique la valeur d'une bouteille type, en parfait état et avec une traçabilité normale. Dans la réalité, une étiquette tachée, un niveau de remplissage bas, une capsule abîmée ou un stockage douteux peuvent faire perdre 30 à 50 % de la valeur — voire rendre la bouteille invendable en enchères. C'est pourquoi une estimation sérieuse examine chaque bouteille individuellement.
La cote évolue au rythme des transactions sur le marché secondaire. Un vin très liquide — un grand cru recherché — est réévalué presque en continu. Un vin rare ou confidentiel ne se cote que ponctuellement, lors d'adjudications espacées : sa valeur paraît stable des mois, puis bouge après une vente marquante. Une estimation reflète donc toujours l'état du marché à une date donnée.

Page mise à jour le 25 juin 2026.