La Côte-Rôtie est le joyau rouge du Rhône septentrional : une syrah de coteaux escarpés, révélée au monde par la maison Guigal et ses cuvées parcellaires. Au sein de nos cotes & marché, cette fiche situe la valeur des Côte-Rôtie domaine par domaine, et explique ce qui sépare une grande parcelle d'une cuvée de négoce.

Vous avez des Côte-Rôtie en cave ? Découvrez ce que vaut chaque bouteille — et quoi en faire.

Estimer vos Côte-Rôtie

Qu'est-ce que la Côte-Rôtie

La Côte-Rôtie — littéralement les « coteaux rôtis » par le soleil — est le cru le plus septentrional de la Vallée du Rhône, juste au sud de Vienne, autour du village d'Ampuis. Sur à peine 300 hectares de coteaux parmi les plus pentus de France, souvent cultivés en terrasses de pierres sèches, elle produit exclusivement du rouge, à base de syrah, avec la particularité d'autoriser jusqu'à 20 % de viognier (un cépage blanc) co-fermenté avec elle.

Comme partout dans le Rhône, il n'existe aucun classement officiel : la hiérarchie des prix se lit au nom du domaine, puis au lieu-dit. Car la Côte-Rôtie se partage en deux versants historiques aux sols opposés — la Côte Brune et la Côte Blonde — dont les noms, portés par certaines cuvées, sont un indice de style et de valeur.

Les deux versants de la Côte-Rôtie

Côte Brune

Nord · sols sombres
Sol
Argile et oxyde de fer (schistes)
Style
Sombre, tannique, de très longue garde
Cuvée emblème
La Landonne (Guigal), Côte Brune (Jamet)

Côte Blonde

Sud · sols clairs
Sol
Granit et sable, plus léger
Style
Floral, fin, accessible plus jeune
Cuvée emblème
La Mouline (Guigal), Côte Blonde (Rostaing)

Bon à savoir — « Côte-Rôtie » n'est pas « Côtes du Rhône »

C'est la confusion la plus coûteuse. Côte-Rôtie (au singulier) est un cru du Rhône Nord, à plusieurs dizaines ou centaines d'euros. Côtes du Rhône (au pluriel) est l'appellation régionale générique, à 5 à 15 € la bouteille. Les deux libellés se ressemblent à l'œil, mais séparent deux mondes de valeur. Vérifiez toujours le mot exact sur l'étiquette.

Combien vaut une Côte-Rôtie : la cote par domaine

Faute de classement, la valeur d'une Côte-Rôtie se lit d'abord au domaine, puis à la cuvée — une parcellaire de haut de gamme valant plusieurs fois la cuvée « village » du même producteur. Le tableau ci-dessous donne les fourchettes indicatives sur le marché secondaire, pour une bouteille (75 cl) en bon état.

Domaine Cuvée(s) phare Niveau de cote Fourchette indicative
E. Guigal La Mouline · La Landonne · La Turque (« La La La ») Sommet de l'appellation 250 – 2 500 €+
Stéphane Ogier La Belle Hélène · Lancement Micro-cuvées cultes 250 – 600 €
Domaine Jamet Côte-Rôtie · Côte Brune Référence absolue 90 – 400 €
René Rostaing Côte Blonde · La Landonne · Ampodium Grande signature moderne 80 – 250 €
M. Chapoutier La Mordorée Cuvée parcellaire de garde 120 – 300 €
Jean-Michel Gerin Les Grandes Places Lieu-dit recherché 90 – 200 €
Clusel-Roch Les Grandes Places Vieilles vignes de la Côte Brune 80 – 180 €
Georges Vernay Maison Rouge La signature de Condrieu, en rouge 70 – 160 €
E. Guigal Château d'Ampuis Assemblage haut de gamme 90 – 180 €
E. Guigal Brune et Blonde L'entrée en Côte-Rôtie 50 – 90 €
Autres domaines de référence Levet, Burgaud, Duclaux, Bonnefond, Garon… Recherché à accessible 60 – 150 €
Négoce & cuvées d'entrée Vidal-Fleury, Delas (Seigneur de Maugiron)… Accessible 40 – 90 €

Fourchettes indicatives par domaine sur le marché secondaire (ventes entre particuliers et enchères) — la valeur réelle de revente d'une 75 cl en bon état, hors marges du commerce de détail. Relevé du 10 juillet 2026. Les millésimes courants se situent en bas de fourchette, les grandes années (1999, 2009, 2010, 2015, 2016, 2019) et les cuvées parcellaires en haut ; les vieilles « La Mouline » ou « La Landonne » de légende se comptent, elles, en milliers d'euros.

Ce qui fait varier le prix d'une Côte-Rôtie

Plusieurs facteurs se combinent pour fixer la valeur d'une bouteille.

  • Le domaine et la cuvée. C'est le premier repère. Entre la cuvée d'assemblage d'une maison et sa parcellaire de prestige, l'écart va de un à dix — une « La La La » de Guigal vaut plusieurs fois son Brune et Blonde.
  • Le lieu-dit. Un nom de parcelle réputé (La Landonne, La Mouline, Les Grandes Places, La Turque) sur l'étiquette signale un vin rare et cher, souvent issu des vieilles vignes de la Côte Brune ou de la Côte Blonde.
  • Le millésime. À domaine égal, les grandes années (1999, 2009, 2010, 2015, 2016, 2019) se valorisent nettement au-dessus des millésimes plus discrets.
  • La note des critiques. La Côte-Rôtie doit une part de sa cote aux 100/100 de Robert Parker décernés à plusieurs Guigal et à la Belle Hélène d'Ogier : une note maximale propulse durablement le prix d'une cuvée.
  • Négoce ou domaine, état et format. Une cuvée de négoce se situe loin d'une parcellaire de vigneron ; et comme partout, l'état, le niveau et les grands formats (magnums) font varier la valeur, surtout sur les vieux millésimes.

Pour le cadre général des critères qui font le prix d'une bouteille, tous vignobles confondus, consultez notre guide dédié.

Apogée et potentiel de garde

La Côte-Rôtie est l'un des grands vins de garde du Rhône. Une bouteille de bon domaine s'apprécie le plus souvent entre 10 et 30 ans ; les cuvées parcellaires des plus grands producteurs — Guigal, Jamet, Rostaing, Ogier — traversent sans peine trente à cinquante ans sur les grands millésimes, en gagnant en complexité (fruits noirs, olive noire, lard fumé, violette).

Cette longévité commande l'arbitrage garder ou vendre : une cuvée d'assemblage arrivée à maturité ne prendra plus guère de valeur, tandis qu'une grande parcellaire de belle année a tout intérêt à attendre son apogée. C'est pourquoi une lecture millésime par millésime, domaine par domaine, est décisive avant toute décision.

Guigal et les « La La La »

Aucun nom n'a fait davantage pour la Côte-Rôtie que la maison E. Guigal, installée à Ampuis. Ses trois cuvées parcellaires — La Mouline (Côte Blonde, avec une forte proportion de viognier), La Landonne (Côte Brune, syrah pure) et La Turque —, surnommées les « La La La », sont élevées jusqu'à quarante mois en fûts neufs et figurent parmi les vins les plus recherchés au monde. Plusieurs de leurs millésimes ont reçu la note maximale de 100/100 de Robert Parker, un fait rarissime dans le Rhône.

Ce sont ces cuvées qui atteignent les cotes les plus hautes de l'appellation, et dont les vieux millésimes (La Mouline 1978, 1985, 1999…) entrent dans une autre dimension de valeur. À leurs côtés, une nouvelle génération — Ogier, Jamet, Rostaing, Gerin, Clusel-Roch — a hissé la Côte-Rôtie parmi les grands rouges français les plus convoités.

Bon à savoir — chez Guigal, tout dépend de la cuvée

La maison produit à la fois des cuvées parcellaires rarissimes (les « La La La », plusieurs centaines d'euros) et des cuvées de négoce beaucoup plus larges. Une Brune et Blonde (autour de 50 à 90 €) ou un Château d'Ampuis (90 à 180 €) ne sont pas une « La Mouline ». Lisez toujours le nom exact de la cuvée, pas seulement « Guigal, Côte-Rôtie ».

Tendance et liquidité

La Côte-Rôtie est l'une des appellations les plus recherchées du Rhône, et sa cote progresse régulièrement depuis une quinzaine d'années. Portée par la relecture critique de la syrah du Nord comme équivalent qualitatif de la Bourgogne, elle bénéficie d'une demande internationale soutenue, notamment aux États-Unis et en Asie. Les « La La La » de Guigal y font figure de valeurs de référence, très liquides à la revente ; les grandes parcellaires des autres domaines suivent une trajectoire ferme.

Bon à savoir — l'allocation limite l'offre

Sur les domaines les plus recherchés (Guigal pour les parcellaires, Jamet, Ogier), les vins sont vendus par allocations à un cercle restreint de cavistes et d'importateurs. L'offre est donc structurellement rare, ce qui soutient les cotes — et explique pourquoi le prix de sortie du domaine est souvent très inférieur au prix du marché secondaire.

La Côte-Rôtie n'est qu'un des crus du Rhône Nord. Pour situer vos bouteilles dans l'ensemble du vignoble — Hermitage, Cornas, Condrieu, et le Sud —, consultez notre page cote et valeur des vins de la Vallée du Rhône.

Vous avez des Côte-Rôtie en cave : que faire ?

Plusieurs situations justifient une estimation précise plutôt qu'une simple recherche en ligne :

  • Vous repérez une cuvée parcellaire. La Mouline, La Landonne, La Turque, La Belle Hélène, Les Grandes Places… : la valeur potentielle justifie une vérification du millésime, du format et de l'état.
  • Vous confondez les cuvées d'un même domaine. Chez Guigal, l'écart entre une Brune et Blonde et une « La La La » est considérable : l'identification exacte de la cuvée fait toute la différence.
  • Vous avez hérité d'une cave. Entre une grande parcellaire, une cuvée village et une Côtes du Rhône générique, l'écart de valeur est énorme. Notre guide Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? détaille la marche à suivre.
  • Vous envisagez de vendre. Connaître la valeur marché neutre de chaque bouteille vous place en position de négocier. Pour les canaux, voyez notre page vendre ses vins.

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Questions fréquentes

Le sommet est tenu par les trois cuvées parcellaires de Guigal — La Mouline, La Landonne et La Turque, surnommées les « La La La » —, parmi les vins les plus recherchés au monde : de quelques centaines d'euros sur les millésimes récents à plusieurs milliers sur les grandes années anciennes. Viennent ensuite les micro-cuvées de Stéphane Ogier (La Belle Hélène, Lancement), de 250 à 600 €, et la Côte Brune de Jamet, plutôt de 250 à 400 €. Les grandes signatures comme Rostaing, Chapoutier (La Mordorée) ou Gerin se situent le plus souvent entre 80 et 300 €.
Ce sont les deux versants historiques de la Côte-Rôtie, aux sols opposés. La Côte Brune, riche en argile et en oxyde de fer, donne des vins sombres, tanniques et de très longue garde (c'est le terroir de La Landonne). La Côte Blonde, plus granitique et sableuse, donne des vins plus floraux et accessibles (celui de La Mouline). Beaucoup de grandes cuvées assemblent les deux ; le nom du lieu-dit sur l'étiquette est un indice de style et souvent de prix.
C'est une spécificité de la Côte-Rôtie : le cahier des charges autorise jusqu'à 20 % de viognier, co-fermenté avec la syrah (les deux raisins fermentent ensemble). Ce viognier fixe la couleur, assouplit les tanins et apporte une finesse florale (violette, abricot). La proportion réelle est souvent bien plus faible — La Mouline de Guigal en contient environ 11 %, beaucoup de cuvées n'en mettent pas du tout. C'est un marqueur d'élégance propre à l'appellation, pas une obligation.
Oui, c'est l'un des grands vins de garde du Rhône. Une Côte-Rôtie de bon domaine s'apprécie le plus souvent entre 10 et 30 ans, et les cuvées parcellaires des plus grands producteurs — Guigal, Jamet, Rostaing, Ogier — traversent sans peine trente à cinquante ans sur les grands millésimes, en gagnant en complexité. Cette longévité, à condition d'une conservation impeccable, est ce qui soutient la valeur des vieilles bouteilles et commande l'arbitrage garder ou vendre, millésime par millésime.

Page mise à jour le 10 juillet 2026.