Le Domaine de la Romanée-Conti — le « DRC » — est le producteur le plus coté au monde. Sur à peine 25 hectares de grands crus à Vosne-Romanée, il signe les vins les plus rares et les plus chers de la planète, au premier rang desquels sa Romanée-Conti, monopole d'1,8 hectare. Au sein de nos cotes & marché, de la région Bourgogne et de la Côte de Nuits, cette fiche donne des repères de cote cuvée par cuvée — car c'est la cuvée, ici, qui fait la valeur.
Vous possédez des bouteilles du DRC ? Découvrez la valeur exacte de chaque cuvée — et quoi en faire.
Estimer vos DRCCe qui fait la valeur d'un DRC
Un domaine né en 1760, deux monopoles
En 1760, le prince Louis-François de Bourbon-Conti acquiert une parcelle d'1,8 hectare à Vosne-Romanée ; elle prendra son nom — Romanée-Conti. Confisquée à la Révolution, elle passe en 1879 à la famille Duvault-Blochet, dont descendent les deux familles copropriétaires du domaine — de Villaine et Leroy. Longtemps codirigé par Aubert de Villaine, le domaine est aujourd'hui piloté par Bertrand de Villaine et Perrine Fenal. Le DRC possède deux monopoles — la Romanée-Conti et La Tâche — un statut rarissime qui, à lui seul, place ces deux vins hors concours.
Uniquement des grands crus, des volumes minuscules
Le domaine ne produit que des grands crus : Romanée-Conti, La Tâche, Richebourg, Romanée-Saint-Vivant, Grands-Échezeaux, Échezeaux en rouge, et un Montrachet mythique en blanc (auxquels s'ajoute, depuis peu, un Corton). Les rendements sont extrêmes de petitesse, la viticulture en biodynamie, la vinification en vendanges entières. La Romanée-Conti, à elle seule, ne donne qu'environ 6 000 bouteilles par an. Cette rareté structurelle, conjuguée à une demande mondiale, explique des cotes sans équivalent.
Bon à savoir — la caisse « panachée » de 12
Le DRC ne vend pas ses vins à l'unité : l'essentiel part en caisse assortie de douze bouteilles, réunissant ses différentes cuvées, réservée à un cercle d'allocataires. Pour obtenir une seule Romanée-Conti, il faut donc acheter toute la caisse — d'où une rareté et un prix de départ déjà élevés. Sur le marché secondaire, les cuvées se revendent ensuite séparément, à des niveaux très différents. Le prix d'allocation ne reflète jamais la valeur de revente réelle.
La cuvée, facteur numéro un
Contrairement à un château bordelais, où c'est le millésime qui commande, ici c'est d'abord la cuvée : d'un Échezeaux à une Romanée-Conti, l'écart de valeur va de un à six, pour un même millésime. Le millésime, l'état du flacon et la provenance ajustent ensuite la valeur — mais le premier réflexe, sur une bouteille du DRC, est de lire quel grand cru on tient.
La cote, cuvée par cuvée
Voici les cuvées du domaine, de la plus accessible à la plus recherchée, avec leur fourchette indicative sur le marché secondaire pour un millésime récent en bon état.
| Cuvée | Type | Niveau | Fourchette indicative |
|---|---|---|---|
| Romanée-Conti | Monopole · grand cru rouge | Sommet absolu mondial | 12 000 – 15 000 €+ |
| Montrachet | Grand cru blanc (rare) | Blanc mythique | 5 000 – 6 500 € |
| La Tâche | Monopole · grand cru rouge | Second sommet du domaine | 3 500 – 4 500 € |
| Richebourg | Grand cru rouge | Très haut | 2 500 – 3 000 € |
| Romanée-Saint-Vivant | Grand cru rouge | Très haut | 2 300 – 2 900 € |
| Grands-Échezeaux | Grand cru rouge | Haut | 2 200 – 2 800 € |
| Échezeaux | Grand cru rouge | La porte d'entrée du domaine | 2 000 – 2 500 € |
Fourchettes ancrées sur les cotes d'enchères des cuvées (valeur réelle de revente, hors marges du commerce de détail) — relevé de juillet 2026, sur les millésimes récents. Les grands millésimes anciens (1945, 1959, 1966, 1978, 1990, 1999…) se négocient très au-dessus : une Romanée-Conti 1945 a atteint 812 500 $ en 2026.
Bon à savoir — Échezeaux, la plus « accessible »
Tout est relatif : l'Échezeaux est réputé le grand cru le plus précoce et le plus abordable du domaine — « abordable » signifiant tout de même plusieurs milliers d'euros. C'est souvent la première bouteille du DRC qu'on croise dans une cave héritée. À l'autre bout, la Romanée-Conti et La Tâche, les deux monopoles, jouent dans une catégorie à part.
Conserver, vendre, surveiller : l'exemple d'une collection
Une cote donne un repère ; une estimation répond à une autre question : que faire de vos bouteilles ? Voici, sur une petite collection illustrative, la forme que prend un rapport — chaque cuvée analysée, avec une recommandation conserver, vendre ou surveiller, et le raisonnement derrière la décision.
Estimation = valeur vénale par bouteille de 75 cl : ce qu'une vente rapporterait sur le marché secondaire, à la mi-2026, avant les frais de transaction propres à chaque canal.
Romanée-ContiMonopole · 1,8 ha
ConserverEstimation : ≈ 14 500 € / bouteille (2019) · 1 bouteille · garde patrimoniale
Le trophée absolu du vin mondial. Monopole d'1,8 hectare, à peine 6 000 bouteilles par an : une rareté que rien, nulle part, ne peut reproduire. La demande internationale excède structurellement l'offre, et sa cote progresse sur le long terme quels que soient les cycles du marché.
L'arbitrage ne se discute presque pas : on ne vend une Romanée-Conti que contraint, pour dégager des liquidités importantes. Sinon, c'est le socle patrimonial de la cave — l'actif que l'on transmet, jamais celui que l'on liquide en premier. Sa valeur conserve une marge, portée par la raréfaction continue des bouteilles en circulation.
Réserve déterminante : à ce niveau de prix, seule une provenance impeccable et un état irréprochable soutiennent l'estimation. La Romanée-Conti est aussi l'un des vins les plus contrefaits au monde — niveau, capsule, étiquette et traçabilité doivent être vérifiés avant toute mise en marché.
La TâcheMonopole
ConserverEstimation : ≈ 4 000 € / bouteille (2019) · 1 bouteille · garde 10+ ans
Le second monopole du domaine, et pour beaucoup sa cuvée la plus régulière — grande dans les petites années comme dans les grandes. Comme la Romanée-Conti, elle n'existe nulle part ailleurs : cette exclusivité en fait un actif de conservation.
Deux lectures se défendent, mais la conservation l'emporte. Sur ce millésime récent, la cote a d'ailleurs reflué depuis son prix de sortie — un tassement classique des jeunes DRC, qui se normalisent une fois passé l'engouement de la mise en marché. Raison de plus pour ne pas céder un monopole dans ce creux : sa rareté ne se remplace pas, et il a le temps de se revaloriser en gagnant en maturité.
À garder, donc, tant que la cave n'a pas besoin de mobiliser des liquidités — ce sont les grands crus non-monopoles (Richebourg, Échezeaux) qui joueront ce rôle en premier.
MontrachetGrand cru blanc
SurveillerEstimation : ≈ 6 300 € / bouteille (2019) · 1 bouteille · réexamen 2029
Souvent présenté comme le plus grand vin blanc du monde, et le plus rare du domaine — il n'est même pas produit chaque année. Sa cote figure parmi les plus hautes de tous les blancs de la planète.
Mais c'est un blanc, et c'est ce qui commande l'arbitrage : les grands bourgognes blancs ont une fenêtre de dégustation plus courte que les rouges, avec un risque réel d'oxydation prématurée sur les flacons anciens. Sa valeur élevée suppose donc un vin parfaitement conservé et pas trop âgé.
D'où la surveillance plutôt que la garde longue : on suit de près l'évolution du flacon et on le cède au premier doute, plutôt que de risquer de le conserver au-delà de son apogée. À réexaminer en 2029, aux dix ans du millésime : un grand blanc de Bourgogne entre alors dans sa fenêtre de maturité, et c'est le moment de trancher entre le boire, le garder ou le vendre selon son état.
RichebourgGrand cru
VendreEstimation : ≈ 2 800 € / bouteille (2019) · 1 bouteille · canal : vente aux enchères
Grand cru somptueux, puissant et velouté, l'un des plus grands rouges de Vosne-Romanée. Mais, contrairement aux deux monopoles, il n'est pas irremplaçable : d'autres domaines le produisent, et le DRC en fait de plus grands volumes.
Deux lectures s'affrontent. Le conserver se défend — c'est un vin d'exception à la trajectoire solide. Mais le vendre s'impose dans une logique d'arbitrage : la cote est élevée, la liquidité maximale, la demande internationale profonde et immédiate.
Surtout, le céder permet de réaliser une somme importante sans toucher aux pièces uniques (Romanée-Conti, La Tâche) que l'on préfère garder. Canal naturel : les enchères, où les grands crus du domaine trouvent preneur sans difficulté.
ÉchezeauxGrand cru · la porte d'entrée
VendreEstimation : ≈ 2 300 € / bouteille (2019) · 2 bouteilles · canal : vente
La cuvée la plus précoce et la plus « accessible » du domaine — tout est relatif, « accessible » voulant tout de même dire plusieurs milliers d'euros. C'est aussi la plus produite, avec près de 16 000 bouteilles par an, et la plus échangée.
C'est donc le premier lot à mobiliser dans une logique d'arbitrage : très liquide, il trouve preneur immédiatement, à un très bon prix pour ce qu'il est. On capte une somme élevée sans attendre, tout en conservant les cuvées les plus rares du domaine. Canal : la vente, aux enchères ou de gré à gré.
La logique d'ensemble
Les deux monopoles (Romanée-Conti, La Tâche), irremplaçables, se conservent — ce sont eux qui portent la valeur de long terme. Les grands crus liquides mais non uniques (Richebourg, Échezeaux) se vendent pour dégager des liquidités sans entamer le socle rare. Le Montrachet, blanc à la fenêtre plus courte, se surveille. À ce niveau, la provenance et l'authentification peuvent à elles seules déplacer une estimation de plusieurs milliers d'euros.
Tendance & liquidité
Le DRC est le nom le plus liquide du marché mondial des vins fins : chaque cuvée, chaque millésime trouve preneur immédiatement, porté par une demande internationale — États-Unis, Asie, Europe — que la rareté rend structurellement supérieure à l'offre. C'est aussi le domaine qui a porté la Bourgogne au sommet du marché, devant Bordeaux.
Le sommet, c'est la Romanée-Conti 1945 : le domaine n'en avait produit que 600 bouteilles, dernière récolte avant l'arrachage des vieilles vignes. En mars 2026, lors de la vente La Paulée de la maison Acker à New York, l'une d'elles — issue de la cave de Robert Drouhin — s'est adjugée 812 500 $, nouveau record mondial pour une bouteille de vin, dépassant les 558 000 $ atteints en 2018 par une bouteille de même origine.
Vendre ou faire estimer un DRC
À ce niveau de valeur, deux facteurs décident du prix réel autant que la cuvée : la provenance (traçabilité, caisse d'origine, historique de conservation) et l'état du flacon (niveau, étiquette, capsule). Un point est ici capital : le DRC est l'un des vins les plus contrefaits au monde. Une bouteille parfaitement documentée peut valoir sensiblement plus qu'un flacon « orphelin » au parcours inconnu — et les acheteurs avertis exigent des garanties.
Avant de céder une ou plusieurs bouteilles, il est donc prudent de faire établir une valeur neutre, cuvée par cuvée et bouteille par bouteille, puis de décider lesquelles garder, lesquelles vendre, et à quel moment. C'est exactement l'objet d'un rapport d'estimation indépendant. Pour aller plus loin sur la logique de valorisation bourguignonne — climats, domaines, millésimes —, voyez notre page cote et valeur des vins de Bourgogne.
Vous possédez un ou plusieurs vins du DRC ?
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Page mise à jour le 3 juillet 2026.