Le Domaine de la Romanée-Conti — le « DRC » — est le producteur le plus coté au monde. Sur à peine 25 hectares de grands crus à Vosne-Romanée, il signe les vins les plus rares et les plus chers de la planète, au premier rang desquels sa Romanée-Conti, monopole d'1,8 hectare. Au sein de nos cotes & marché, de la région Bourgogne et de la Côte de Nuits, cette fiche donne des repères de cote cuvée par cuvée — car c'est la cuvée, ici, qui fait la valeur.

Vous possédez des bouteilles du DRC ? Découvrez la valeur exacte de chaque cuvée — et quoi en faire.

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Ce qui fait la valeur d'un DRC

Un domaine né en 1760, deux monopoles

En 1760, le prince Louis-François de Bourbon-Conti acquiert une parcelle d'1,8 hectare à Vosne-Romanée ; elle prendra son nom — Romanée-Conti. Confisquée à la Révolution, elle passe en 1879 à la famille Duvault-Blochet, dont descend l'actuelle copropriété (familles de Villaine et Leroy jusqu'en 1992, puis Leroy remplacée). Longtemps codirigé par Aubert de Villaine, le domaine est aujourd'hui piloté par Perrine Fenal et Bertrand de Villaine. Le DRC possède deux monopoles — la Romanée-Conti et La Tâche — un statut rarissime qui, à lui seul, place ces deux vins hors concours.

Uniquement des grands crus, des volumes minuscules

Le domaine ne produit que des grands crus : Romanée-Conti, La Tâche, Richebourg, Romanée-Saint-Vivant, Grands-Échezeaux, Échezeaux en rouge, et un Montrachet mythique en blanc (auxquels s'ajoute, depuis peu, un Corton). Les rendements sont extrêmes de petitesse, la viticulture en biodynamie, la vinification en vendanges entières. La Romanée-Conti, à elle seule, ne donne qu'environ 6 000 bouteilles par an. Cette rareté structurelle, conjuguée à une demande mondiale, explique des cotes sans équivalent.

Bon à savoir — la caisse « panachée » de 12

Le DRC ne vend pas ses vins à l'unité : l'essentiel part en caisse assortie de douze bouteilles, réunissant ses différentes cuvées, réservée à un cercle d'allocataires. Pour obtenir une seule Romanée-Conti, il faut donc acheter toute la caisse — d'où une rareté et un prix de départ déjà élevés. Sur le marché secondaire, les cuvées se revendent ensuite séparément, à des niveaux très différents. Le prix d'allocation ne reflète jamais la valeur de revente réelle.

La cuvée, facteur numéro un

Contrairement à un château bordelais, où c'est le millésime qui commande, ici c'est d'abord la cuvée : d'un Échezeaux à une Romanée-Conti, l'écart de valeur va de un à six, pour un même millésime. Le millésime, l'état du flacon et la provenance ajustent ensuite la valeur — mais le premier réflexe, sur une bouteille du DRC, est de lire quel grand cru on tient.

La cote, cuvée par cuvée

Voici les cuvées du domaine, de la plus accessible à la plus recherchée, avec leur fourchette indicative sur le marché secondaire pour un millésime récent en bon état.

Cuvée Type Niveau Fourchette indicative
Romanée-Conti Monopole · grand cru rouge Sommet absolu mondial 12 000 – 15 000 €+
Montrachet Grand cru blanc (rare) Blanc mythique 5 000 – 6 500 €
La Tâche Monopole · grand cru rouge Second sommet du domaine 3 500 – 4 500 €
Richebourg Grand cru rouge Très haut 2 500 – 3 000 €
Romanée-Saint-Vivant Grand cru rouge Très haut 2 300 – 2 900 €
Grands-Échezeaux Grand cru rouge Haut 2 200 – 2 800 €
Échezeaux Grand cru rouge La porte d'entrée du domaine 2 000 – 2 500 €

Fourchettes ancrées sur les cotes d'enchères des cuvées (valeur réelle de revente, hors marges du commerce de détail) — relevé de juillet 2026, sur les millésimes récents. Les grands millésimes anciens (1945, 1959, 1966, 1978, 1990, 1999…) se négocient très au-dessus : une Romanée-Conti 1945 a atteint 812 500 $ en 2026.

Bon à savoir — Échezeaux, la plus « accessible »

Tout est relatif : l'Échezeaux est réputé le grand cru le plus précoce et le plus abordable du domaine — « abordable » signifiant tout de même plusieurs milliers d'euros. C'est souvent la première bouteille du DRC qu'on croise dans une cave héritée. À l'autre bout, la Romanée-Conti et La Tâche, les deux monopoles, jouent dans une catégorie à part.

Tendance & liquidité

Le DRC est le nom le plus liquide du marché mondial des vins fins : chaque cuvée, chaque millésime trouve preneur immédiatement, porté par une demande internationale — États-Unis, Asie, Europe — que la rareté rend structurellement supérieure à l'offre. C'est aussi le domaine qui a porté la Bourgogne au sommet du marché, devant Bordeaux.

Le sommet, c'est la Romanée-Conti 1945 : le domaine n'en avait produit que 600 bouteilles, dernière récolte avant l'arrachage des vieilles vignes. En mars 2026, lors de la vente La Paulée de la maison Acker à New York, l'une d'elles — issue de la cave de Robert Drouhin — s'est adjugée 812 500 $, nouveau record mondial pour une bouteille de vin, dépassant les 558 000 $ atteints en 2018 par une bouteille de même origine.

Vendre ou faire estimer un DRC

À ce niveau de valeur, deux facteurs décident du prix réel autant que la cuvée : la provenance (traçabilité, caisse d'origine, historique de conservation) et l'état du flacon (niveau, étiquette, capsule). Un point est ici capital : le DRC est l'un des vins les plus contrefaits au monde. Une bouteille parfaitement documentée peut valoir sensiblement plus qu'un flacon « orphelin » au parcours inconnu — et les acheteurs avertis exigent des garanties.

Avant de céder une ou plusieurs bouteilles, il est donc prudent de faire établir une valeur neutre, cuvée par cuvée et bouteille par bouteille, puis de décider lesquelles garder, lesquelles vendre, et à quel moment. C'est exactement l'objet d'un rapport d'estimation indépendant. Pour aller plus loin sur la logique de valorisation bourguignonne — climats, domaines, millésimes —, voyez notre page cote et valeur des vins de Bourgogne.

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Questions fréquentes

La cuvée Romanée-Conti, issue du monopole de 1,8 hectare qui ne produit qu'environ 6 000 bouteilles par an, domine très largement : un millésime récent se négocie autour de 12 000 à 15 000 € la bouteille, et bien davantage sur les années anciennes. Une Romanée-Conti 1945 a établi le record mondial pour une bouteille de vin en s'adjugeant 812 500 $ à New York en 2026. Viennent ensuite le Montrachet (blanc rarissime), puis La Tâche, l'autre monopole du domaine.
Le domaine vend l'essentiel de sa production en caisse « panachée » de douze bouteilles, réunissant ses différentes cuvées, et non à l'unité. Pour obtenir une seule Romanée-Conti, il faut donc acquérir la caisse entière — ce qui explique en partie sa rareté et son prix. Sur le marché secondaire, chaque cuvée se revend ensuite séparément, à des niveaux très différents selon le cru.
C'est un point capital : le DRC est l'un des vins les plus contrefaits au monde. La provenance (traçabilité, caisse d'origine, historique de conservation), l'état du flacon et la cohérence des éléments d'étiquetage sont déterminants. Sur ce segment, une bouteille parfaitement documentée vaut sensiblement plus qu'un flacon au parcours inconnu, et toute mise en vente sérieuse passe par une vérification physique préalable.
Sur ce domaine, l'estimation dépend d'abord de la cuvée — d'un Échezeaux à une Romanée-Conti, l'écart va de un à six —, puis du millésime, de l'état de la bouteille et de la provenance. Une valeur isolée peut tromper : un millésime ancien rarement échangé peut sembler sous-coté alors que le marché réel le valorise bien plus haut. C'est exactement ce qu'un rapport d'estimation établit, bouteille par bouteille.

Page mise à jour le 3 juillet 2026.