Saint-Julien est la plus concentrée des grandes appellations du Médoc : sur un ruban de vignes entre Pauillac et Margaux, elle réunit onze crus classés — dont cinq deuxièmes crus — sans posséder le moindre premier cru. C'est le fief des « super-seconds ». Au sein de nos cotes & marché et de la région Bordeaux, cette fiche situe la valeur des saint-juliens — château par château.

Vous avez des saint-juliens en cave ? Découvrez ce que vaut chaque bouteille — et quoi en faire.

Estimer vos saint-juliens

Saint-Julien, le fief des super-seconds

Au centre du Médoc, sur la rive gauche, Saint-Julien est une petite appellation — 910 hectares, à peine 6 % du vignoble médocain — mais l'une des plus prestigieuses qui soit. Sur ce territoire resserré autour de la commune de Saint-Julien-Beychevelle, on compte onze crus classés de 1855, une densité que seules Pauillac et Margaux approchent.

Sa singularité : Saint-Julien ne possède aucun premier cru, mais cinq deuxièmes crus — les trois Léoville (Las Cases, Poyferré, Barton), Gruaud-Larose et Ducru-Beaucaillou. Plusieurs d'entre eux ont atteint, au fil des décennies, une qualité et une notoriété de tout premier plan : ce sont les fameux « super-seconds », ces deuxièmes crus dont la cote côtoie celle des premiers. Le style de l'appellation, réputé le plus équilibré du Médoc, tient le milieu entre la puissance tannique de Pauillac, sa voisine du nord, et la finesse aromatique de Margaux, au sud.

Bon à savoir — pas de premier cru, mais une valeur très sûre

L'absence de premier cru ne dit rien de la valeur : Léoville Las Cases et Ducru-Beaucaillou se négocient au niveau des meilleurs seconds crus de tout le Bordelais, loin devant beaucoup de crus mieux classés d'autres appellations. À Saint-Julien, c'est le nom du château — plus encore que le seul rang de 1855 — qui commande la cote.

Les châteaux de Saint-Julien et leur cote

Du « super-second » au quatrième cru, voici les châteaux à reconnaître dans une cave, avec leur fourchette indicative sur le marché secondaire.

Château Rang (1855) Niveau de cote Fourchette indicative
Château Léoville Las Cases 2ᵉ cru Super-second 150 – 400 €
Château Ducru-Beaucaillou 2ᵉ cru Super-second 130 – 250 €
Château Léoville Poyferré 2ᵉ cru Très recherché 70 – 160 €
Château Léoville Barton 2ᵉ cru Très recherché 65 – 170 €
Château Gruaud-Larose 2ᵉ cru Très recherché 55 – 160 €
Château Beychevelle 4ᵉ cru Recherché (forte demande) 60 – 120 €
Château Branaire-Ducru 4ᵉ cru Recherché 40 – 80 €
Château Langoa Barton 3ᵉ cru Accessible 40 – 75 €
Château Saint-Pierre 4ᵉ cru Accessible (confidentiel) 35 – 75 €
Château Talbot 4ᵉ cru Accessible 40 – 85 €
Château Lagrange 3ᵉ cru Accessible 30 – 75 €
Château Gloria Cru bourgeois Vin de plaisir de garde 30 – 60 €

Fourchettes par château ancrées sur les résultats d'enchères (valeur réelle de revente, hors marges du commerce de détail) — relevé de juillet 2026. Les grands et vieux millésimes (2000, 2005, 2009, 2010, 2016) se négocient dans le haut de fourchette, voire au-delà pour les super-seconds les plus légendaires ; un petit millésime peut à l'inverse descendre plus bas. Beychevelle, quatrième cru, se paie au-dessus de son rang du fait d'une demande internationale soutenue.

La cote de Saint-Julien par niveau de château

Super-seconds Las Cases, Ducru-Beaucaillou 130 – 400 € Autres 2ᵉ crus Poyferré, Barton, Gruaud-Larose 55 – 170 € 3ᵉ & 4ᵉ crus Beychevelle, Talbot, Lagrange… 30 – 120 € Cru bourgeois Château Gloria 30 – 60 € 0 € 100 € 200 € 300 € 400 € Cote par bouteille (75 cl) sur un axe de prix commun — marché secondaire, juillet 2026

Bon à savoir — ne confondez pas le grand vin et son second vin

C'est le piège d'estimation classique de Saint-Julien. Chaque grand château produit un second vin, bien moins coté : La Croix de Beaucaillou (Ducru), Le Petit Lion (Léoville Las Cases), Sarget de Gruaud-Larose, Pavillon de Poyferré, La Réserve de Léoville Barton, Duluc (Branaire). Cas particulier : Clos du Marquis, longtemps pris pour le second vin de Léoville Las Cases, est aujourd'hui présenté comme un vin à part entière issu de sa propre vigne. Avant d'estimer, lisez le nom exact de la cuvée : l'écart de valeur avec le grand vin est considérable.

Ce qui fait varier le prix d'un saint-julien

Le château et son rang de 1855

C'est le premier déterminant. Deux « super-seconds » — Léoville Las Cases et Ducru-Beaucaillou — dominent nettement, à plusieurs centaines d'euros sur les grands millésimes. Viennent ensuite les autres deuxièmes crus (Léoville Poyferré, Léoville Barton, Gruaud-Larose), puis les troisièmes et quatrièmes crus, entre quelques dizaines et un peu plus de cent euros. Fait notable : à Saint-Julien, le rang de 1855 ne suffit pas toujours — Beychevelle, quatrième cru, se paie au-dessus de plusieurs troisièmes crus grâce à sa notoriété et à sa forte demande à l'international.

L'apogée et le potentiel de garde

Comme tous les grands médocs, les saint-juliens sont des vins de longue garde : les crus classés se conservent aisément vingt, trente, souvent plus de quarante ans. Cet horizon commande l'arbitrage. Un millésime ancien et mûr est sur son plateau : sa valeur est « faite ». Un grand millésime encore jeune (2016, 2018, 2019) est loin de son sommet : sa cote a une marge d'appréciation à mesure qu'il entre dans sa fenêtre de maturité. Vendre à l'apogée, garder en devenir — d'où l'intérêt d'une lecture millésime par millésime.

Le millésime et l'état

À château égal, l'écart entre une grande et une petite année atteint couramment un facteur trois à cinq. Les grandes années récentes du Médoc — 2009, 2010, 2015, 2016, 2018 — tirent les cotes vers le haut, tout comme les légendes anciennes (2000, 2005, 1990, 1982). Enfin, sur les vieux millésimes, l'état du flacon et la provenance font des écarts considérables — voyez nos critères qui font le prix d'une bouteille.

Léoville Las Cases, le super-second au sommet

Issu du démembrement de l'immense domaine de Léoville après la Révolution — partagé entre Las Cases, Poyferré et Barton —, Château Léoville Las Cases est considéré depuis des décennies comme le plus proche d'un premier cru parmi les seconds. Son « Grand Vin de Léoville », né du fameux Grand Clos voisin de Château Latour, atteint sur les grands millésimes une cote de l'ordre de 150 à 400 €, davantage encore sur les années légendaires — un niveau qui le place au contact direct des premiers crus de Pauillac.

Ducru-Beaucaillou, l'autre super-second de l'appellation, le suit de près, autour de 130 à 250 €. Ces deux signatures sont les bouteilles à repérer en priorité dans une cave contenant des saint-juliens : ce sont elles qui concentrent l'essentiel de la valeur. Une fiche détaillée, millésime par millésime, leur sera consacrée.

Tendance & liquidité

Les grands saint-juliens comptent parmi les vins les plus liquides du marché : la notoriété du classement de 1855 et la régularité qualitative de l'appellation en font des valeurs demandées partout dans le monde, en particulier les deux super-seconds. Comme l'ensemble des grands bordeaux, ils ont connu un pic en 2021-2022 suivi d'une correction — un reflux qui touche surtout les millésimes récents achetés au sommet, sans entamer le socle de valeur des grandes signatures.

Pour qui possède ces vins, la valeur reste concrète et facile à réaliser : un Léoville Las Cases ou un Ducru-Beaucaillou d'un grand millésime, en bon état, se revend sans difficulté, à un prix que le marché reconnaît aussitôt. Tout se joue alors à l'identification — le bon château, le bon millésime, un flacon au niveau et à l'étiquette irréprochables. C'est ce qui sépare une bouteille de quelques dizaines d'euros d'une autre à plusieurs centaines : d'où l'intérêt de faire estimer précisément ce que l'on a avant de vendre.

Vous avez des saint-juliens en cave : que faire ?

Une cave bordelaise contient très souvent quelques saint-juliens. Plusieurs situations rendent une estimation indépendante particulièrement utile.

  • Vous repérez un super-second. Léoville Las Cases, Ducru-Beaucaillou : la valeur potentielle justifie systématiquement une vérification du millésime, du niveau et de l'état.
  • Vous avez hérité d'une cave. Entre un grand vin, son second vin et un cru classé plus modeste, l'écart de valeur est énorme. Notre guide Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? détaille la marche à suivre.
  • Vous possédez de vieux millésimes. Les saint-juliens vieillissent superbement : de belles bouteilles anciennes peuvent conserver, voire accroître, leur valeur — à condition que le niveau et la provenance suivent.
  • Vous envisagez de vendre. Connaître la valeur neutre de chaque bouteille avant de contacter une maison de ventes ou un négociant vous place en position de négocier.

Vous possédez des vins de Saint-Julien ?

Une estimation indépendante vous donne la valeur exacte de chaque bouteille, l'identification des châteaux et des millésimes recherchés, et les recommandations de vente ou de conservation. Rapport complet sous 5 jours ouvrés.

Demander mon rapport — 199 €

Questions fréquentes

C'est la singularité de l'appellation : le classement de 1855 n'y a distingué aucun premier cru, mais cinq deuxièmes crus — les trois Léoville (Las Cases, Poyferré, Barton), Gruaud-Larose et Ducru-Beaucaillou. Sur seulement 910 hectares, soit environ 6 % du Médoc, Saint-Julien réunit onze grands crus classés. Plusieurs de ses deuxièmes crus, Léoville Las Cases et Ducru-Beaucaillou en tête, atteignent aujourd'hui une qualité et une cote de « super-second », au contact des premiers crus.
Léoville Las Cases domine, de l'ordre de 150 à 400 € selon le millésime, bien davantage sur les grandes années anciennes ; Ducru-Beaucaillou suit, autour de 130 à 250 €. Viennent ensuite les autres deuxièmes crus — Léoville Poyferré, Léoville Barton, Gruaud-Larose — entre 55 et 170 €. Beychevelle, quatrième cru très recherché, se négocie entre 60 et 120 €. Les autres crus classés et le cru bourgeois Gloria restent plus accessibles, de 30 à 90 €.
On appelle « super-seconds » les deuxièmes crus classés dont la qualité et le prix se rapprochent de ceux des premiers crus. Saint-Julien en compte deux figures majeures : Léoville Las Cases, longtemps considéré comme le plus proche d'un premier cru, et Ducru-Beaucaillou. Leur cote, plusieurs fois supérieure à celle d'un cru classé ordinaire, en fait les bouteilles à repérer en priorité dans une cave.
Regardez d'abord le château et son rang de 1855 (deuxième, troisième ou quatrième cru), puis le millésime — les grandes années comme 2009, 2010, 2016 valent nettement plus — et enfin l'état et la provenance du flacon, cruciaux sur les vieux millésimes. Attention à ne pas confondre le grand vin avec son second vin (La Croix de Beaucaillou, Le Petit Lion, Sarget de Gruaud-Larose), bien moins coté. Une estimation indépendante permet de trancher château par château.

Page mise à jour le 30 juillet 2026.