La Côte Chalonnaise prolonge la Côte de Beaune vers le sud, de Chagny à Buxy : cinq appellations villages — Rully, Mercurey, Givry, Montagny, Bouzeron —, 142 premiers crus et aucun grand cru. C'est la Bourgogne des prix raisonnables, et son marché secondaire lui ressemble : l'essentiel des bouteilles s'échange entre 25 et 45 €, et seules deux signatures — Dureuil-Janthial à Rully, Bruno Lorenzon à Mercurey — atteignent le niveau des premiers crus de la Côte d'Or. Dans nos cotes & marché, voici ce que vaut réellement un vin de la Côte Chalonnaise, appellation par appellation et domaine par domaine.
Vous avez des Rully, Mercurey ou Givry en cave ? Découvrez ce que vaut chaque bouteille — et quoi en faire.
Estimer vos vins de la Côte ChalonnaiseLa Côte Chalonnaise, l'autre Bourgogne
Sur une vingtaine de kilomètres au sud de Chagny, la Côte Chalonnaise reprend les coteaux calcaires de la Côte d'Or, mais en ordre plus dispersé — des collines entrecoupées de prairies et de bois plutôt qu'un ruban continu de vignes. Les cinq villages y ont chacun leur signature : Rully (décret de 1939, 366 hectares) est un village de blancs, deux tiers de chardonnay, et l'un des berceaux historiques du crémant de Bourgogne ; Mercurey (1936, 646 hectares) est le plus vaste, à plus de 80 % en rouge ; Givry (1946, 309 hectares), rouge lui aussi, revendique d'avoir été le vin préféré d'Henri IV ; Montagny (1936, 362 hectares) ne produit que du blanc ; et Bouzeron (1998, 62 hectares) est la seule appellation village de Bourgogne réservée à l'aligoté.
La hiérarchie s'arrête au premier cru : la côte n'a aucun grand cru, mais 142 climats classés — 23 à Rully, 32 à Mercurey, 38 à Givry et 49 à Montagny, où six hectares sur dix sont en premier cru. Conséquence directe sur la valeur : ici, le mot « premier cru » ne signale ni rareté ni prix élevé. C'est le domaine qui fait l'écart, et il le fait dans une fourchette étroite.
Bon à savoir — « Bourgogne Côte Chalonnaise » n'est pas un village
Une étiquette « Bourgogne Côte Chalonnaise » désigne l'appellation régionale (décret de 1937, 545 hectares répartis sur 44 communes), un cran sous les cinq villages et à des prix en rapport. Seules les mentions Rully, Mercurey, Givry, Montagny ou Bouzeron — avec ou sans « 1er Cru » — relèvent des appellations communales décrites ici.
Les appellations et leur cote
Du nord au sud, voici les cinq appellations villages de la Côte Chalonnaise, avec leur profil et leur niveau de cote sur le marché secondaire. Les fourchettes courantes sont détaillées dans le graphique qui suit.
| Appellation | Profil | Premiers crus | Niveau de cote |
|---|---|---|---|
| Bouzeron | Blanc — aligoté exclusivement (62 ha) | Aucun | Vin de plaisir — Villaine en référence |
| Rully | Blanc surtout (248 ha) et rouge (118 ha) | 23 climats | La plus cotée de la côte — Dureuil-Janthial en tête |
| Mercurey | Rouge surtout (530 ha) et blanc (116 ha) | 32 climats | Accessible — Lorenzon, Faiveley, Chamirey, Juillot |
| Givry | Rouge surtout (250 ha) et blanc (59 ha) | 38 climats | Accessible — Lumpp, Joblot, Cellier aux Moines |
| Montagny | Blanc exclusivement (362 ha, dont 220 en 1er cru) | 49 climats | Vin de plaisir — Aladame, Cognard, Cottenceau |
| Bourgogne Côte Chalonnaise | Régionale — rouge, rosé et blanc (545 ha, 44 communes) | — | Vin de plaisir, un cran sous les villages |
La cote des vins de la Côte Chalonnaise, appellation par appellation (bouteille 75 cl)
Chaque barre couvre la fourchette courante du palier — la moitié centrale des cotes soutenues par une vente depuis 2023, les deux signatures étant traitées sur leurs propres lignes — sur un axe en euros partant de zéro ; le détail par domaine, du minimum au maximum relevés, est dans le tableau ci-dessous. Relevé du 17 septembre 2026, cotes contrôlées millésime par millésime sur les dernières adjudications.
Le graphique dit tout : quatre appellations sur cinq tiennent dans la même bande de 25 à 45 €, rouge ou blanc, village ou premier cru. Rully se détache légèrement en blanc, Mercurey rouge est un peu plus abordable, Montagny et Bouzeron sont des vins de plaisir. Au-dessus, deux domaines seulement décrochent : Bruno Lorenzon d'un cran, Dureuil-Janthial de deux — ses cuvées Meix Cadot Vieilles Vignes et Grésigny, entre 150 et 175 €, sont les bouteilles les plus recherchées de la côte. C'est par ces deux noms que se jouent les vraies différences de valeur dans une cave de la côte.
Les domaines qui font le marché
Dans une fourchette aussi étroite, le domaine est le seul vrai levier de valeur. Voici les signatures de la Côte Chalonnaise qui ont une cote suivie sur le marché secondaire, avec leur fourchette relevée — du village courant à la cuvée phare.
| Domaine | Appellation — cuvées phares | Niveau de cote | Fourchette relevée |
|---|---|---|---|
| Vincent Dureuil-Janthial | Rully — Le Meix Cadot Vieilles Vignes, Chapitre, Grésigny Vieilles Vignes, Les Margotés, Vauvry ; village, Maizières, En Guesnes (cuvée Wadana : 125 à 140 €) | La référence de la côte — seule signature au niveau de la Côte d'Or | 25 – 210 € |
| Bruno Lorenzon | Mercurey — Pièce 15, Pièce 13, Les Champs Martin, Carline, Le Mont Laurent | Le culte de Mercurey | 30 – 100 € |
| Louis Latour · Bouchard Père & Fils | Givry, Montagny (La Grande Roche), Mercurey | Grandes maisons — les vieux millésimes tirent la fourchette | 20 – 85 € |
| A. et P. de Villaine | Bouzeron ; Rully (Grésigny, Les Margotés, Rabourcé, Montpalais) ; Mercurey Les Montots | Le domaine d'Aubert de Villaine, à Bouzeron | 20 – 80 € |
| Cellier aux Moines · Ragot · Clos Salomon · Gérard Mouton | Givry — Clos Pascal, Clos du Cellier aux Moines, Clos Jus, Clos Salomon, La Grande Berge | Valeurs sûres de Givry | 15 – 75 € |
| Joblot | Givry — Servoisine, Clos Marole, Clos du Cellier aux Moines, En Veau, L'Empreinte | L'un des deux grands noms de Givry | 20 – 60 € |
| François Lumpp | Givry — Crausot, Clos du Cras Long, Clos Jus, A Vigne Rouge, Petit Marole | L'autre grand nom de Givry | 20 – 60 € |
| Stéphane Aladame · Laurent Cognard · Maxime Cottenceau | Montagny — Les Coères, Montcuchot, Les Bassets, Vignes du Soleil | Les références de Montagny | 20 – 60 € |
| Château de Chamirey | Mercurey — Les Cinq, Clos du Roi, La Mission, En Sazenay, Clos des Ruelles | Le grand domaine de Mercurey (famille Devillard) | 20 – 55 € |
| Paul & Marie Jacqueson | Rully — La Pucelle, Les Cloux, Grésigny, Margotés, Préaux ; Bouzeron | Le grand classique de Rully | 15 – 75 € |
| Faiveley | Mercurey — Clos des Myglands, Domaine de la Framboisière, Clos du Roy | La grande maison de Nuits, historique à Mercurey | 20 – 50 € |
| François Raquillet · Theulot-Juillot · de Suremain · Brintet | Mercurey — Les Vasées, Les Champs Martin, La Bondue, La Cailloute | Vignerons de référence de Mercurey | 15 – 50 € |
| Michel Juillot | Mercurey — Clos des Barraults, Les Champs Martin, Clos du Roi, Clos Tonnerre | Domaine historique de Mercurey | 15 – 40 € |
| Domaine de la Folie · Jean-Baptiste Ponsot · Belleville · Claudie Jobard | Rully — Clos Saint-Jacques, Molesme, Les Cloux, Montpalais ; Mercurey Clos l'Évêque | Vignerons de référence de Rully | 15 – 40 € |
Fourchettes bornées par les cotes d'enchères réellement relevées sur l'ensemble des millésimes disponibles de chaque domaine, toutes appellations de la côte confondues, puis contrôlées millésime par millésime sur les dernières adjudications : une cote qu'aucune vente récente ne soutient n'a pas été retenue comme borne. Valeur de revente, hors marges du commerce de détail. Relevé du 17 septembre 2026.
Le lecteur attentif l'aura remarqué : à part Dureuil-Janthial et Lorenzon, presque tous les plafonds se tiennent entre 40 et 85 €, et les planchers entre 15 et 25 €. C'est la marque d'un marché large, honnête et sans spéculation — celui d'une cave que l'on boit plus qu'on ne la revend.
Ce qui fait varier le prix d'un vin de la Côte Chalonnaise
Trois signaux, dans cet ordre, fixent la valeur d'une bouteille — et un quatrième, l'âge, joue moins qu'ailleurs en Bourgogne.
Le domaine, seul vrai levier
À appellation égale, l'écart se fait sur la signature : un premier cru blanc de Rully se situe le plus souvent entre 35 et 55 €, mais entre 60 et 80 € chez Dureuil-Janthial — et entre 150 et 175 € pour ses cuvées Meix Cadot Vieilles Vignes et Grésigny, jusqu'à 210 €. À Mercurey, les premiers crus de Bruno Lorenzon se négocient entre 45 et 60 € quand le reste de l'appellation évolue entre 25 et 40 €. Repérer l'un de ces deux noms — ou ceux de Villaine, Lumpp, Joblot, du Cellier aux Moines — est ce qui change réellement une estimation.
L'appellation et la couleur
Rully en blanc est légèrement au-dessus des autres ; Mercurey et Givry en rouge forment le cœur du marché ; Montagny et Bouzeron sont des vins de plaisir. La mention « premier cru », si fréquente ici — six hectares sur dix à Montagny —, ne déplace la cote que de quelques euros : c'est un signal bien plus faible qu'en Côte d'Or.
Le millésime et l'âge
Ces vins se boivent jeunes — cinq à dix ans pour les meilleurs — et le marché ne récompense pas leur vieillissement : chez Dureuil-Janthial, un Rully village de 1993 et un Rully village de 2021 sont cotés au même niveau. Un vieux millésime de la côte ne vaut donc pas plus qu'un jeune ; il vaut souvent moins, si son état inspire le doute.
L'état de la bouteille
Comme partout, niveau, capsule et étiquette comptent — d'autant plus que la faible valeur unitaire laisse peu de marge : sur une bouteille à 30 €, un défaut visible suffit à la rendre invendable aux enchères.
Tendance & liquidité
La Côte Chalonnaise a une liquidité moyenne : ses vins trouvent preneur — ils sont connus, plaisants, faciles à placer — mais à des niveaux modestes, et par lots plutôt qu'à la bouteille. Le marché secondaire y est un marché de consommation, pas de collection.
Le mouvement à suivre est celui des signatures : à mesure que la Côte d'Or est devenue inabordable, les grands noms de la Chalonnaise ont pris le relais dans les caves des amateurs. Les premiers crus de Dureuil-Janthial (60 – 80 €) touchent désormais la fourchette courante des premiers crus blancs de Chassagne-Montrachet (75 – 130 €), et ses cuvées de vieilles vignes (150 – 175 €) la dépassent — un rapprochement impensable il y a une génération. Pour le reste de la côte, la cote reste stable, et c'est précisément ce qui en fait une valeur sûre à boire plutôt qu'à garder.
Vous avez des vins de la Côte Chalonnaise en cave : que faire ?
Plusieurs situations rendent une estimation indépendante utile — y compris pour savoir qu'il ne faut pas attendre.
- Vous lisez Dureuil-Janthial, Lorenzon, Villaine, Lumpp, Joblot ou Cellier aux Moines. Ce sont les seules signatures dont les premiers crus dépassent nettement la bande courante : une vérification bouteille par bouteille se justifie.
- Votre cave est pleine de Mercurey, Rully ou Givry de bons vignerons. Sa valeur est modeste mais réelle et facile à réaliser — 25 à 45 € la bouteille — et elle ne progressera pas en attendant : mieux vaut décider vite entre boire et vendre.
- Vous avez de vieux millésimes des années 1980 ou 1990. Ils ne valent pas plus que les jeunes et leur état se dégrade : à boire, ou à vendre sans tarder si le niveau est bon.
- Vous lisez « Bourgogne Côte Chalonnaise ». C'est l'appellation régionale, un cran sous les villages — un vin de plaisir à consommer.
- Vous avez hérité d'une cave ou une succession est en cours. Nos guides Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? et vendre ses vins détaillent la marche à suivre.
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Page mise à jour le 17 septembre 2026.