Les Hospices de Beaune, ce n'est pas une appellation : c'est une institution caritative et la plus célèbre vente aux enchères du monde du vin. Posséder une bouteille des Hospices soulève une vraie question d'estimation — car le prix spectaculaire atteint aux enchères ne dit rien de la valeur de votre flacon. Dans le panorama des cotes & marché et de la Côte de Beaune, voici comment tout cela fonctionne.

Vous avez des bouteilles des Hospices de Beaune ? Découvrez ce que vaut chaque cuvée — et quoi en faire.

Estimer vos Hospices de Beaune

Qu'est-ce que les Hospices de Beaune

Les Hospices civils de Beaune sont d'abord une œuvre hospitalière fondée en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, et son épouse Guigone de Salins, qui firent édifier l'Hôtel-Dieu — ce chef-d'œuvre gothique aux toits de tuiles vernissées. Au fil des siècles, dons et legs de bienfaiteurs ont doté l'institution d'un vignoble d'une soixantaine d'hectares, éparpillé parmi les plus beaux climats de la Côte de Beaune, avec quelques parcelles en Côte de Nuits.

Ce domaine produit chaque année une cinquantaine de cuvées. Chacune porte le nom d'un bienfaiteur — Nicolas Rolin, Guigone de Salins, Charlotte Dumay, Docteur Peste… — et non celui d'une parcelle. Le produit de leur vente finance encore aujourd'hui les hôpitaux de Beaune, la recherche médicale et des œuvres caritatives.

Bon à savoir — trois « Beaune » à ne pas confondre

La ville de Beaune, l'appellation Beaune, et les Hospices de Beaune (cette institution) sont trois choses distinctes. Une bouteille « Hospices de Beaune » n'est d'ailleurs pas forcément un vin de l'appellation Beaune : selon la cuvée, ce peut être un Corton, un Meursault ou un Bâtard-Montrachet.

La vente aux enchères de novembre

Chaque troisième dimanche de novembre, les vins du dernier millésime sont vendus aux enchères — la plus célèbre vente de charité du monde du vin, sans interruption depuis 1859. Particularité : les vins ne sont pas vendus en bouteilles, mais en pièces — des fûts de 228 litres, soit environ 288 bouteilles après élevage. Ce sont des négociants qui achètent ces fûts, les élèvent une année ou plus, puis les embouteillent sous leur propre nom.

La vente a été orchestrée par Christie's de 2005 à 2020, puis par Sotheby's depuis 2021. La 164e édition, en novembre 2024, a totalisé près de 13,9 millions d'euros. Son moment fort est la pièce des Présidents, un fût vendu au profit d'œuvres caritatives : en 2024, un Beaune 1er Cru Les Bressandes s'est adjugé 360 000 € — un record pour un premier cru — tandis que le fût le plus cher de l'édition, un Bâtard-Montrachet, atteignait 355 000 €.

Bon à savoir — ces montants ne sont pas des prix de bouteille

Un fût adjugé 360 000 €, ce n'est pas une bouteille à 360 000 € : c'est une pièce entière (288 bouteilles), à un prix gonflé par la dimension caritative et la surenchère médiatique. Pour estimer votre bouteille, ces records ne servent à rien — seul compte le marché secondaire du flacon fini.

Les grandes cuvées et leurs appellations

Le nom de la cuvée est la première clé de valeur : il indique l'appellation du vin. Voici quelques-unes des cuvées les plus connues, du Beaune premier cru au grand cru.

Cuvée Appellation Couleur Ordre de grandeur (bouteille)
Nicolas Rolin Beaune 1er Cru Rouge 60 – 200 €
Guigone de Salins Beaune 1er Cru Rouge 50 – 160 €
Dames Hospitalières Beaune 1er Cru Rouge 45 – 140 €
Baudot Meursault-Genevrières 1er Cru Blanc 200 – 320 €
Charlotte Dumay Corton Grand Cru Rouge 150 – 340 €
Docteur Peste Corton Grand Cru Rouge 150 – 340 €
Cyrot-Chaudron Clos de la Roche Grand Cru (Côte de Nuits) Rouge 250 – 600 €
Madeleine Collignon Mazis-Chambertin Grand Cru (Côte de Nuits) Rouge 300 – 700 €
Dames de Flandres Bâtard-Montrachet Grand Cru Blanc 350 – 700 €
François de Salins Corton-Charlemagne Grand Cru Blanc 350 – 800 €

Ordres de grandeur d'une bouteille (vin récent à mûr) sur le marché secondaire, selon la cuvée, le négociant-éleveur et le millésime. Relevé de juillet 2026. Les vieux millésimes bien conservés dépassent largement ces niveaux — jusqu'à plus de 1 000 € pour les cuvées les plus rares.

Combien vaut une bouteille des Hospices ?

Le voyage d'une bouteille des Hospices — du fût à votre cave

1 La vigne Le domaine des Hospices (≈ 60 ha) 2 La vente Le fût (228 L) est adjugé à un négociant 3 L'élevage Le négociant l'élève et l'embouteille 4 La bouteille « Hospices » + cuvée + négociant

Pour estimer une bouteille des Hospices, oubliez le prix d'enchère : il porte sur un fût entier et inclut une part caritative. Ce qui fait la valeur d'un flacon, c'est un trio :

  • La cuvée, qui détermine l'appellation : un Nicolas Rolin est un Beaune 1er cru, un Charlotte Dumay un Corton grand cru, un Baudot un Meursault-Genevrières. C'est le premier facteur de prix.
  • Le négociant-éleveur. Le fût est élevé et embouteillé par une maison — Albert Bichot, Louis Jadot, Chanson, Patriarche… — dont le nom figure sur l'étiquette. À cuvée égale, certaines maisons sont plus recherchées que d'autres.
  • Le millésime, qui joue comme sur n'importe quel bourgogne.

En ordre de grandeur, un Beaune 1er cru des Hospices se négocie autour de 50 à 200 €, un Corton grand cru ou un Meursault-Genevrières de 150 à 340 €, et les cuvées les plus rares — Bâtard-Montrachet, Corton-Charlemagne en blanc, Mazis-Chambertin en Côte de Nuits — dépassent 300 à 800 €, davantage sur les vieux millésimes bien conservés.

Le rôle du négociant-éleveur

Les Hospices ne mettent pas leurs vins en bouteille : ils vendent le fût, et c'est le négociant acheteur qui l'élève une année ou plus avant de l'embouteiller sous son nom. Depuis plusieurs années, Albert Bichot est le premier acheteur de la vente, devant d'autres grandes maisons (Louis Jadot, Bouchard Père & Fils, Chanson, Patriarche…). Chacune imprime son style d'élevage à la cuvée qu'elle a acquise : à cuvée et millésime identiques, deux bouteilles peuvent afficher des prix sensiblement différents selon l'étiquette du négociant. C'est un critère que l'estimation ne peut ignorer.

Bon à savoir — lire une étiquette des Hospices

Cherchez-y trois informations : la mention « Hospices de Beaune », le nom de la cuvée (qui donne l'appellation — « Corton Cuvée Charlotte Dumay »), et le nom du négociant qui l'a élevée et embouteillée. Ce sont ces trois éléments, avec le millésime, qui permettent d'estimer précisément la bouteille.

Vous avez des Hospices de Beaune en cave : que faire ?

Plusieurs situations justifient une estimation précise plutôt qu'une simple recherche en ligne :

  • Vous avez une cuvée en grand cru (Corton, Bâtard-Montrachet, Corton-Charlemagne, Mazis-Chambertin) : la valeur peut être significative et mérite une vérification cuvée par cuvée.
  • Vous ne savez pas lire l'étiquette : cuvée, appellation, négociant, millésime — chacun compte, et le lien entre le nom du bienfaiteur et l'appellation n'a rien d'évident.
  • Vous avez hérité d'une cave contenant de vieux Hospices : bien conservés, certains valent bien plus qu'on ne l'imagine. Notre guide Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? détaille la marche à suivre.
  • Vous envisagez de vendre : connaître la valeur marché neutre de chaque bouteille vous place en position de négocier.

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Questions fréquentes

Chaque troisième dimanche de novembre, les vins du dernier millésime sont vendus aux enchères au profit des hôpitaux de Beaune et d'œuvres caritatives, sans interruption depuis 1859. Les vins ne sont pas vendus en bouteilles mais en pièces (fûts de 228 litres), achetées par des négociants qui les élèvent puis les embouteillent sous leur nom. La vente a été conduite par Christie's de 2005 à 2020, puis par Sotheby's depuis 2021. La 164e édition, en 2024, a totalisé près de 13,9 millions d'euros.
Cela dépend de la cuvée (donc de l'appellation), du millésime et du négociant qui l'a élevée. Un Beaune 1er cru des Hospices (cuvées Nicolas Rolin, Guigone de Salins…) se négocie autour de 50 à 200 €, un Corton grand cru (Charlotte Dumay, Docteur Peste) ou un Meursault-Genevrières (Baudot) de 150 à 340 €, et les cuvées les plus rares — Bâtard-Montrachet, Corton-Charlemagne, Mazis-Chambertin — dépassent 300 à 800 €. Le prix atteint aux enchères, qui porte sur un fût entier et inclut une part caritative, ne reflète pas la valeur d'une bouteille.
C'est le fût vedette de la vente, choisi chaque année et adjugé au profit d'une ou plusieurs œuvres caritatives — d'où des prix spectaculaires, sans rapport avec le marché. En 2024, la pièce des Présidents, un Beaune 1er Cru Les Bressandes, s'est adjugée 360 000 €, un record pour un premier cru ; le fût le plus cher de l'édition, un Bâtard-Montrachet, atteignait 355 000 €.
Non. Une bouteille des Hospices de Beaune porte trois mentions : « Hospices de Beaune », le nom de la cuvée (qui indique l'appellation, par exemple Corton Cuvée Charlotte Dumay), et le nom du négociant-éleveur qui a acheté le fût, l'a élevé et embouteillé (Albert Bichot, Louis Jadot, Chanson…). C'est ce négociant, avec le millésime, qui fait varier la valeur à cuvée égale.

Page mise à jour le 13 juillet 2026.