Nuits-Saint-Georges ferme la Côte de Nuits au sud — un pinot noir puissant et charpenté, à qui l'appellation a même prêté son nom à la côte tout entière. Sa singularité : c'est l'une des grandes appellations de la région sans aucun grand cru. Toute la valeur se joue dans ses 41 premiers crus, Les Saint-Georges et Les Vaucrains en tête, jusqu'au cultissime Clos des Corvées de Prieuré-Roch. Dans nos cotes & marché, voici ce que vaut un Nuits — village et premier cru —, domaine par domaine.

Vous avez des Nuits-Saint-Georges en cave ? Découvrez ce que vaut chaque bouteille — et quoi en faire.

Estimer vos Nuits-Saint-Georges

Qu'est-ce que Nuits-Saint-Georges

Nuits-Saint-Georges est une appellation communale de la Côte de Nuits, la plus méridionale, à cheval sur deux communes : Nuits-Saint-Georges au nord et Prémeaux-Prissey au sud. Sur environ 325 hectares, le pinot noir y donne des rouges (97 % de la production) réputés puissants, structurés et virils, de longue garde — plus un peu de blanc, rare et recherché (le célèbre blanc du Domaine Henri Gouges).

Toute la valeur se lit à deux niveaux :

  • Village — « Nuits-Saint-Georges » tout court, l'appellation de base.
  • Premier cru41 climats classés (29 côté Nuits, 12 côté Prémeaux), mention « 1er Cru » + le nom du lieu-dit. Les plus réputés : Les Saint-Georges, Les Vaucrains, Les Cailles, ou les monopoles Clos des Corvées et Clos de la Maréchale.

Bon à savoir — une grande appellation sans grand cru

C'est la particularité de Nuits-Saint-Georges : malgré son prestige et son nom prêté à toute la côte, l'appellation ne compte aucun grand cru. Toute la hiérarchie s'arrête au premier cru. Son plus grand climat, Les Saint-Georges — qui a donné son nom au village au XIXe siècle — est régulièrement présenté comme le plus digne d'une promotion en grand cru. C'est donc le nom du climat, après « 1er Cru », qui commande l'essentiel de la valeur.

Combien vaut un Nuits : niveau et domaine

La valeur se lit à deux niveaux : d'abord le rang (village ou premier cru, et lequel), puis le domaine, qui peut multiplier les prix par cinq ou par dix. Voici d'abord l'ordre de grandeur par niveau, puis le détail par domaine.

La cote des niveaux de Nuits-Saint-Georges (bouteille 75 cl)

Village 40 – 90 € 1er Cru 70 – 250 € Grands 1ers crus & domaines cultes 200 – 1 900 € Aucun grand cru dans l'appellation — Les Saint-Georges est candidat au titre

À niveau égal, c'est le nom du domaine qui fait l'écart. Le tableau ci-dessous donne les fourchettes indicatives par domaine sur le marché secondaire, pour les cuvées village et premier cru de Nuits-Saint-Georges.

Domaine Cuvées phares (village & 1er cru) Niveau de cote Fourchette indicative
Arnoux-Lachaux / Charles Lachaux Les Procès, Aux Boudots, village Culte, la plus recherchée 400 – 1 900 €
Prieuré-Roch Clos des Corvées (monopole), 1er Cru Vieilles Vignes Culte, nature (famille Roch) 300 – 850 €
Domaine des Lambrays La Richemone (1er cru) Grand 1er cru (maison de Morey) 350 – 550 €
Henri Gouges Les Saint-Georges, Les Vaucrains, village (+ blanc) La référence historique 50 – 300 €
Robert Chevillon Les Saint-Georges, Les Cailles, Les Vaucrains, Vieilles Vignes Référence, 8 premiers crus 60 – 250 €
Thibault Liger-Belair · J.-J. Confuron · Grivot · Arlot Les Saint-Georges, Clos des Argillières, Boudots, Clos de l'Arlot Signatures recherchées 60 – 300 €
Faiveley Les Saint-Georges, Aux Chaignots, Les Damodes Gros propriétaire, grands 1ers crus 50 – 250 €
Philippe Pacalet Village, Aux Chaignots, Aux Argillas (nature) Nature recherché 100 – 200 €
JF Mugnier Clos de la Maréchale (monopole de Prémeaux) Le plus grand monopole, bon rapport 55 – 110 €
Chauvenet · Gavignet · Chicotot · autres vignerons Village & premiers crus Bons vignerons 40 – 150 €
Grandes maisons (Bouchard, Jadot, Drouhin) Village → premiers crus Négoce de qualité 35 – 150 €
Nuits-Saint-Georges village (négoce) « Nuits-Saint-Georges » tout court Accessible 30 – 60 €

Fourchettes indicatives par domaine sur le marché secondaire (valeur réelle de revente, hors marges du commerce de détail), pour une bouteille 75 cl en bon état. Relevé du 28 juillet 2026. Le haut de fourchette correspond aux grands premiers crus et aux domaines cultes (Arnoux-Lachaux, Prieuré-Roch) ; les cuvées de négoce de Charles Lachaux et le Domaine Leroy dépassent largement.

Ce qui fait varier le prix d'un Nuits

Quatre facteurs, combinés, fixent la valeur d'une bouteille.

  • Le niveau et le climat. C'est le levier n°1 : entre un village et un premier cru, la valeur double ou triple — et parmi les premiers crus, Les Saint-Georges, Les Vaucrains et le monopole Clos des Corvées dominent nettement les autres.
  • Le domaine. À climat égal, l'écart est brutal : un Clos des Corvées de Prieuré-Roch vaut plusieurs fois un premier cru d'un producteur discret. Le domaine se lit avant même le nom du cru.
  • Le secteur. Le nord de l'appellation, vers Vosne-Romanée (Aux Boudots, Aux Murgers), donne des vins plus fins ; le cœur, autour des Saint-Georges, les plus puissants et de plus longue garde.
  • Le millésime, l'état et le format. Les grandes années (2005, 2015, 2019, 2020) et les vieux millésimes mûrs se valorisent ; sur ces vins de garde, l'état de la bouteille et les magnums font une vraie différence.

Apogée et potentiel de garde

Le Nuits-Saint-Georges est un grand vin de garde, sans doute le plus tannique et le plus lent à s'ouvrir de la Côte de Nuits. Jeune, un premier cru est ferme et sévère ; il lui faut du temps pour révéler son bouquet de fruits noirs, de cuir, de truffe et d'épices. Un village de bon domaine se boit dans ses dix à quinze ans ; un premier cru d'un domaine de référence se déploie sur quinze à trente ans.

Cette longévité commande l'arbitrage garder ou vendre : un grand premier cru encore jeune a tout intérêt à attendre — le vendre trop tôt le sous-valorise. À l'inverse, un village de négoce sans potentiel de garde est à boire : il ne prendra pas de valeur.

Les Saint-Georges, le sommet

S'il fallait retenir un climat, ce serait Les Saint-Georges — un premier cru d'environ sept hectares, en bas du coteau, si prestigieux que le village lui a emprunté son nom au XIXe siècle. Il donne les Nuits les plus profonds, structurés et de très longue garde, et fait l'objet d'un mouvement pour être élevé au rang de grand cru. Ses grandes signatures — Henri Gouges, Robert Chevillon, Faiveley, Thibault Liger-Belair — se négocient le plus souvent entre 200 et 300 €.

Deux monopoles complètent ce sommet, tous deux à Prémeaux : le Clos des Corvées, vinifié par le cultissime Prieuré-Roch (famille Roch, du Domaine de la Romanée-Conti), le plus cher de l'appellation — de 550 à 850 €, davantage sur les vieux millésimes ; et le Clos de la Maréchale de Jacques-Frédéric Mugnier, le plus grand monopole de la Côte d'Or, réputé pour son excellent rapport qualité-prix. Repérer l'un de ces noms change la nature de l'estimation.

Tendance et liquidité du marché de Nuits

Nuits-Saint-Georges bénéficie d'une notoriété mondiale et d'une liquidité élevée : ses premiers crus et les cuvées des domaines de référence s'échangent en permanence. Longtemps un peu dans l'ombre de ses voisins plus prestigieux, l'appellation est en revalorisation, portée par la reconnaissance de ses grands climats et par l'envolée des prix bourguignons en général.

Le revers de sa notoriété grand public : le nom « Nuits-Saint-Georges » a longtemps servi de locomotive à des villages de négoce ordinaires, si bien que la mention seule ne garantit rien. Une cave de Nuits vaut d'abord par ses premiers crus et ses signatures de référence — jamais par le simple nom sur l'étiquette. Ne transposez jamais la cote d'un Clos des Corvées à un village de négoce : l'écart dépasse quinze pour un.

Vous avez du Nuits-Saint-Georges en cave : que faire ?

Plusieurs situations justifient une estimation précise plutôt qu'une simple recherche en ligne :

  • Vous lisez « 1er Cru » et un nom de climat (Les Saint-Georges, Les Vaucrains, Clos des Corvées, Clos de la Maréchale…) ou une grande signature (Prieuré-Roch, Gouges, Chevillon, Mugnier, Faiveley) : la valeur potentielle justifie une vérification bouteille par bouteille.
  • Vous avez de vieux Nuits. C'est fréquent vu leur longévité — et bien conservés, les premiers crus anciens peuvent valoir bien plus qu'on ne l'imagine.
  • Vous avez un blanc de Nuits-Saint-Georges (Gouges notamment) : c'est une rareté, souvent sous-estimée, qui mérite une vérification.
  • Vous avez hérité d'une cave mêlant village et premiers crus, ou envisagez une vente ou une succession. Nos guides Les vins de mes parents valent-ils quelque chose ? et vendre ses vins détaillent la marche à suivre.

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Questions fréquentes

Non. C'est l'une des grandes appellations de la Côte de Nuits, mais elle ne compte aucun grand cru : toute la hiérarchie s'arrête au premier cru — 41 climats classés. Le plus réputé, Les Saint-Georges, qui a donné son nom au village, est régulièrement présenté comme digne du rang de grand cru. Les prix vont de 40-90 € pour un village à 200-850 € pour les grands premiers crus des meilleurs domaines.
C'est le Clos des Corvées, un monopole de premier cru à Prémeaux vinifié par le Domaine Prieuré-Roch (famille Roch, du Domaine de la Romanée-Conti) : culte, nature, produit en petites quantités, il se négocie le plus souvent entre 550 et 850 € la bouteille, davantage sur les vieux millésimes. Viennent ensuite Les Saint-Georges et Les Vaucrains des domaines Henri Gouges et Robert Chevillon, autour de 200 à 250 €. Le Domaine Leroy, plus rare encore, place ses Nuits-Saint-Georges bien au-delà.
Les Saint-Georges est le premier cru le plus prestigieux de l'appellation — au point que le village lui a emprunté son nom au XIXe siècle. Situé en bas du coteau, sur des sols riches, il donne les Nuits les plus profonds, structurés et de longue garde. Ses références sont Henri Gouges, Robert Chevillon, Faiveley et Thibault Liger-Belair. C'est le climat le plus souvent cité comme méritant le rang de grand cru.
Les premiers crus des domaines de référence sont de grande garde (quinze à trente ans) et voient leur cote progresser nettement, à condition d'une conservation impeccable. Un village de bon domaine se garde dix à quinze ans. En revanche, un Nuits village de négoce sans notoriété n'a pas vocation à se valoriser : il est à boire. Comme partout en Bourgogne, c'est la combinaison du niveau (village ou premier cru), du climat et du domaine qui commande la valeur.

Page mise à jour le 28 juillet 2026.